CE3C
(étendue: 1 8) Serpent
(étendue: 1 8) Basson russe
725. — L'instrument désigné sous le nom de basson russe (268d) n'est autre que le serpent (268e) auquel on a donné une forme analogue à celle du basson.
726. — Le système vu au § 719 donna naissance à une série complète d'instruments qui fut, jusque vers 1850, l'élément principal des cuivres de la musique militaire. A l'époque où cette famille était parvenue à la limite extrême de son développement, elle comprenait les quatre individus suivants :
Bugle-sopranino (ou petit bugle) en mi\>. Bugle-soprano (l'instrument-type) en si\>. Ophicléide-alto en mi\>.
Ophicléide basse en SZJ' / ut.
Tout cela a disparu aujourd'hui de nos orchestres et de nos bandes de fantares et d'harmonie. Le système des instruments à pistons règne en maître absolu.
Pour de plus amples renseignements concernant ces types d'instruments disparus, le lecteur est renvoyé à l'ouvrage de maître Gevaert : Nouveau Traité d'Instrumentation, pp. 259-67.
727. — Fixons spécialement l'attention sur les observations intéressantes que le maître y donne au § 187, ainsi que sur l'effet que Meyerbeer a su tirer du bugle (cor) à clefs.
« A l'orchestre — dit Gevaert — il ne fit qu'une apparition passagère, et l'on est fondé de le regretter, car aucun des nouveaux instruments à embouchure ne le remplace complètement. Cette voix, intermédiaire entre le cor et la trompette, était tout indiquée pour reprendre le rôle du vieux cornetto et servir de soprano aux trombones » ( l).
728. — Comme organe de la mélodie monodique elle était appelée surtout à déployer sa puissance expressive dans les cantilènes d'un coloris sombre. Meyerbeer, à qui ses détracteurs les plus passionnés n'ont pu refuser un tact exquis dans le choix
(1) « Dans les exécutions d'Orphée aux concerts du Conservatoire de Bruxelles, je me suis servi jusqu'à présent d'un bugle à clefs pour la partie du cornetto ».
des sonorités, sut en tirer un parti très dramatique. Au 3e acte de Robert-le-Diable, il lui confie la partie chantante de la résurrection des Nonnes; superbe page symphonique dont un demi-siècle n'a pas émoussé l'effet terrifiant (voir chez Gevaert, l'ex. 407).
Au 5e acte du même opéra, le compositeur transforme l'instrument en une voix d'outre-tombe ( l ) rappelant au fils égaré les paroles de sa mère expirante : « O mon fils, ma tendresse assidue » (voir chez Gevaert l'ex. 408 à la page 262).