‹ Dans les serres de l'aigleChapitre 24 sur 42 · LA JOIE DES CHEFS OUVRIERS AMERICAINS · texte numérisé non relu

LA JOIE DES CHEFS OUVRIERS AMERICAINS

Concevons-nous maintenant la joie manifestée par les chefs des Internationales après pareille veulerie des officiers du Congrès, après pareille abdication de leur autonomie ? Aussi c’est une humiliante sujétion qui les attend î

Oui, leur joie est si grande que, deux mois après la tenue de cette convention néfaste du Congrès, la F. A. T., siégeant à la Nouvelle-Orléans, l’exprime au nom de tous en ces termes historiques :

« Cette session de la Fédération Américaine du Travail marque une épisode dans le progrès de la lumière qui n’a pas son égale dans l’histoire du monde. Nous nous rencontrons en une phalange solide qui fait abstraction des croyances et des dogmes. Imbus d’orgueil (?) national, mais sans préjugé international, le monde est notre champ d’action et tout homme nous est un frère »4...

Et cela continue encore sur ce ton de confraternité humaine !

1 La F. A. du T. refuse ce droit exclusif. (Official Proceedings of A. F. of L. 1902), pp. 14 et 244.

2 G. du T. vol. III, p. 229.

8 10 Ass. des Chev. du T. et 19 U. Nat. sont excluent. — G. du T. vol. III, p. 229.

4 Official Proceedings, A. F. of L. (1902), p. 143.

La Vague Internationaliste

A vrai dire, la Fédération Américaine avait raison de se Réjouir de sa conquête. Son emprise sur le Congrès des Métiers et du Travail du Canada, c’était l’assurance de son emprise sur toutes les forces du trade-unionisme américain, c’é\;ait la réalisation de sa primitive ambition « continentale », c’était ses espérances d’avenir agrandies.

Profitant du fol enthousiasme qui anime tous ses partisans canadiens, profitant de l’immigration à outrance qui envahit le pays, la F. A. T. dépense en Canada, au cours de l’année 1903, $12,682,13 pour fins d’organisation, mettant à l’œuvre 362 organisateurs.1 Aussi est-elle bien récompensée : l’effectif des membres canadiens des 60 (à peu près) « internationales » qui lui sont affiliées, monte à 19,170, le double de ce qu’il était en 1900.

LE BUREAU EXECUTIF DE LA F. A. T. SIEGE A TORONTO Pour surveiller sans doute plus étroitement l’intense travail d’organisation qu’elle fait en Canada et tout particulièrement dans la province déjà américanisée jusqu’à la moelle, l’Ontario, elle envoie son bureau exécutif tenir une session à Toronto. Et, plus généreuse que jamais, mais pour cause, elle porte à $500.00 sa gratification annuelle au Congrès ».2

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