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PROCLAMATION FANTASTIQUE DE LA F. A. T

L’expansion merveilleuse et inattendue de l’unionisme international au Canada et aux Etats-Unis souleva après 1902 beaucoup de récriminations dans beaucoup de milieux. Pour les apaiser et pour tenter aussi de justifier son système d’organisation, la F. A. T. lance, en 1906, une proclamation qui est restée unique en son genre.

Elle résume sa doctrine de l’américanisme ouvrier, de . la démocratie universelle et de l’humanitarisme contre le patriotisme. Nous nous en voudrions de ne pas citer le texte de cette pièce que seul le cerveau cosmopolite (?) de M. S. Gompers pouvait concevoir :

« Lorsqu’il est appliqué à nos unions de métiers », dit cette proclamation, « le titre international comprend le continent du nord de l’Amérique, parce que bien que politiquement il ne soit ni unis ni identique, cependant, il n’est virtuellement qu’une unité au point de vue commercial et pratique. Les employeurs hésitent peu à transplanter leur

1 G. du T. vol. IV, p. 508.

2 G. du T. vol IV, p. 335.

industrie d’un pays américain à l’autre ; or, pendant que nous espérons avoir dans un avenir pas très lointain, le parlement du travail du monde, et l’établissement de la fraternité des hommes, nous nous proposons cependant pour le présent d’avoir le Parlement du Travail du nord du continent américain. Nous sommes alliés l’un à l’autre toui comme si nous étions dans différentes villes, ou différents Etats ou différentes provinces dans l’un et l’autre pays... En dehors de toute sentimentalité, la nécessité pratique pour la protection et l’avancement de nos intérêts matériels nous oblige à conduire notre mouvement comme nous le faisons ».1

La Fédération Américaine n’avait-elle pas beau jeu pour se déclarer indépendante de « toute sentimentalité » ? N’est-ce pas pure camouflage que de prêcher la « fraternité des hommes», quand de ceux dont on se dit frère, on fait des serfs ? Quand on parle de promouvoir ses «intérêts matériels » uniquement comme classe, n’est-ce pa^ méconnaître qu’une jeune nation a toute une hiérarchie fTintérêts vitaux à promouvoir d’abord pour son développement normal ?

Non, les chefs internationaux n’avaient pas à se laisser importuner par rien de cela, car leur position dans leur pays était forte et apparemment digne.

Evolution de la F. A, T.

La Fédération Américaine avait commencé lentement, vers 1889, à former des unions nationales. Une dizaine d’années plus tard, son travail se développe sur une plus grande échelle en même temps que s’accuse le mouvement de transformation en unions internationales. Mais, à partir de 1902, elle ne forme plus ques des « internationales” et sur une moyenne de douze par année.

« DISPUTE JURIDICTIONNELLE »

Mais cette rage de la F. A. T. de former des internationales produit bientôt un grand malaise chez les vieilles internationales, qui voient se commettre de nombreux empiètements dans leurs juridictions professionnelles par les nouvelles internationales, lesquelles, presque toujours, ne se rendaient pas compte de leurs ingérence. Et cela amena le mal chronique et aigu des « disputes juridictionnelles ».

1 Offi. Proc. A. F. of L. (1906), p. 133.

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