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DEVOIRS DES CATHOLIQUES

Quel est notre devoir ? Il nous faut réagir. Nous laisser absorber moitié par le trade-unionisme américain, moitié par le trade-unionisme anglais serait un mal pour tous les groupes. Il faut réagir pour garder au travail syndiqué du Canada ses cadres professionnels primitifs, qu’il quitte trop hâtivement pour la politique. La réaction servira les intérêts de notre pays en nous donnant le sens de notre responsabilité.

Pour cela, il faut que nous, ouvriers du Québec, nous demeurions nous-mêmes. Appliquons-nous donc d’abord à soustraire le mouvement syndical du pays à l’égoïste et inique internationalisme des ouvriers américains. Notre devoir c’est d’arrêter la vague socialiste qui monte à l’assaut du travail organisé du pays. Notre mission, c’est de barrer le chemin aux effets funestes de la neutralité religieuse des unions internationales sur notre terrain, dans notre province.

Pour réaliser ces trois buts, revendiquons notre droit d’adhérer à l’organisation de notre choix. L’organisation qui nous convient, c’est le syndicat catholique. Et ce droit de choisir l’organisation qui nous convient nous pouvons le

proclamer en nous appuyant sur les principes de la F. A. T. elle-même. Elle déclarait en effet ce qui suit en 1913 : De même que nous « affirmons », pour notre propre mouvement en Amérique le « droit » de nous conduire comme ça nous convient « de même devons-nous reconnaître aux mouvements syndicalistes d’autres pays le même droit de conduire et de régler leur politique selon leur jugement ».x

Or, n’est-ce pas suffisant pour établir notre droit à la forme d’organisation correspondant à notre choix et aux besoins de notre mission, de notre mission de réaction salutaire pour nous-mêmes Canadiens-français catholiques et pour les travailleurs du pays tout entier.

Ouvriers catholiques de cette province ! c’est une mission providentielle, une mission sacrée qu’il nous est confiée ! Trois plaies hideuses ont fait leur apparition sur notre terre canadienne, et elles menacent de couvrir notre propre province : l’antipatriotisme, le socialisme et le matérialisme. La patrie, la société, notre foi sont en danger. Dieu, qui nous a faits catholiques, qui nous a faits les premiers occupants de ce sol, qui a mis en nos cœurs un grand amour de la patrie, un idéal supérieur d’équilibre social et une foi inébranlable, Dieu veut, camarades ouvriers catholiques que, comme nos ancêtres, les découvreurs, les défricheurs, les défenseurs du sol, nous soyons, à cette heure de notre histoire, les premiers ouvriers éclairés prêts à repousser les fausses doctrines envahissantes prêts à féconder notre sol de sacrifices et de courage pour que nous puissions bientôt, Sainte Jeanne d’Arc aidant, « bouter » notre triple ennemi hors de « chez nous » et du pays !

1 Off. Proc. A. F. of L., p. 313 et 314.

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