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DEUX RIVALES

Jusqu’en 1886 cette Fédération ne parait exercer aucune influence sur le travail organisé du Canada. Mais ayant eu une rivale, et la rivale, les Chevaliers du Travail, ayant pénétré au pays, il se manifesta un développement rapide au Canada, spécialement de 1881 à 1886. Les progrès se firent d’abord dans l’Ontario, ensuite dans le Québec. Il semble bien évident que cette rivalité en fut la cause. Après leur première « assemblée locale » d’Hamilton, en 1881, les C. du T. possédaient dans tout le Canada, en 1886, six « assemblées de districts » ; celle de Toronto comprenait à elle seule, 4O assemblées locales.1

Durant ces cinq années, l’expansion des treize internationales déjà établies dans le pays se ralentie. L’Internationale typographique, deux dans les métiers du transport, celle des charpentiers-menuisiers et celle des télégraphistes, sont les seules qui réussissent à se donner une locale chacune. Winnipeg et Toronto sont les deux seules villes où naissent ces locales.

Mais si les Chevaliers du Travail paralysaient à cette époque au Canada, les opérations des internationales, ils se préparaient eux-mêmes, sans s’en douter, et à brève échéance, de mauvais lendemains. Toutes leurs fondations au pays étaient des foyers de recrutement pour les internationales dont la domination allait bientôt apparaître.

La Fédération Américaine du Travail

En 1886, il y avait cinq ans que la « Fédération des Unions de Métiers et du Travail des Etats-Unis et du Canada» menait une existence de langueur et de sacrifices. Son avenir était sombre. La cause reposait dans la demi-alliance qu’elle avait formée, lors de sa fondation, avec l’Ordre des Chevaliers du Travail, en permettant l’affiliation des « assemblées des métiers » de ce dernier.

1 U. du T. vol. II, pp. 90 et suivantes.

L’Ordre ne devait plus organiser que des « assemblées mixtes », mais ne tint pas parole et continua de multiplier les « assemblées de métiers ».

Se voyant trompée, la nouvelle Fédération élimine donc de sa constitution, en 1886, le droit des Chevaliers du Travail de s’y affiilier, condamne leurs tactiques, modifie son nom en celui de la Fédération Américaine du Travail, énonce explicitement les principes qui la distinguent de l’organisation rivale et engage une lutte sans merci contre elle.1

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