PLO\-NOURRIT ET C'«, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
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PRÉFACE
Voici bien des années déjà que Maurice Rondet-Saint est notre collaborateur, au Touring- Glub, et Tun des plus précieux. Tous nos camarades savent la part qu'il a prise à nos travaux dans le domaine nautique; mais Rondet-Saint n'est pas seulement un maritime : il est encore un colonial convaincu. Ce en quoi il a raison. La Marine et les Colonies étant deux facteurs jumeaux dont le développement se solidarise au point que le second ne saurait grandir et prospérer si le premier ne lui apporte pas Taide de son activité intime et féconde. Profondément pénétré de ce principe, Rondet-Saint a pris une part importante à la constitution du Comité Colonial du T. C. F., dont l'action, remontant à moins de trois ans seulement, a déjà produit,
et produira plus encore dans l'avenir, des résultats dont doit bénéficier notre collectivité nationale tout entière.
Et comme nulle contribution n'est plus précieuse, plus efficace, en un domaine quel qu'il soit, que l'étude sur place, dans leur cadre, des hommes et des choses, notre camarade, accompagné d'ailleurs dans cette randonnée par sa vaillante femme, s'embarquait, voici quelques mois, pour une des plus belles et des plus pittoresques parties, des moins connues aussi, de notre Empire Colonial : l'Afrique Occidentale et Equatoriale. Il a relâché dans tous les ports de la première, et parfois complété sa visite ici et là, par une courte pointe dans l'intérieur. Quant à l'Afrique Equatoriale, grâce aux circonstances, exceptionnelles, il faut bien le dire, que lui ont valu de précieuses amitiés, il l'a parcourue en quelques mois, jusqu'aux confins méridionaux de rOubangui-Ghari et du Cameroun Allemand: du Pool à Bangui, sur rOubangui,et à Ouesso, sur la Sanga: cette Sanga qu'il a encore vue française, et que de récentes conventions inter-
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nationales viennent de nous faire perdre. Une excursion dans le massif du D'Joué, au nord de Brazzaville, lui fît goûter les joies, parfois un peu rudes, sans doute, de la vie dans la brousse. Puis, il a visité le Gabon, remonté TOgooué, jusqu'à N'Djolé, le N'Gouni, jusqu'à Sindara. Si bien que, en dépit de la brièveté relative de son séjour, noire camarade aura eu la bonne fortune, rarement échue aux plus vieux coloniaux, retenus, eux, dans une région déterminée, de visiter et d'étudier l'ensemble de notre Afrique Equatoriale dans son entier.
Il faut nous féliciter qu'il en ait été ainsi, puisque, de cette formidable randonnée de milliers et de milliers de kilomètres, Rondet-Saint nous aura rapporté deux livres : tous deux d'un intérêt également puissant, encore que d'un caractère infiniment différent : l'un, paru il y a quelques mois sous ce titre : U Afrique Equatoriale française, avait pour objectif, suivant l'expression de son éminent préfacier, M. le sénateur Saint-Germain,Président du Groupe Colonial du Sénat, de « voir, observer, étudier, ana-
« lyser,et, de ce voyage, exposer tout ce qui, à « un titre quelconque, était à même de faire con- « naître à ses compatriotes la valeur de notre « grande Colonie, son statut actuel, ses éléments « d'avenir, et les résultats acquis là-bas à notre (« pays par une sélection de ses plus vaillants « citoyens.»
Ici, c'est un objectif tout différent que s'est proposé notre ami : dans ce style alerte et vivant, avec cet éclectisme, qui le caractérisent et que connaissent bien ses lecteurs, il a consigné au jour le jour, au fur et à mesure qu'elles se présentaient à son esprit, ses notes de voyage, ses remarques, sans négliger parfois maints accidents, menus en apparence, mais dont il sait toujours dégager, avec un à propos, une bonne humeur bien française, l'enseignement ou la philosophie. Et c'est, précisément, ce caractère très spécial, très utile aussi, qui rend si captivante, et si profitable en même temps, la lecture de chacun des ouvrages de Rondet-Saint : celuici confirme, et fortifie, en quelque sorte, la valeur des précédents.
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Mais ce n'est pas tout : derrière le livre, il y a le geste, si je puis dire, dont il est issu. Et ce geste vaut, lui aussi, d'être cité et commenté. Car c'en fut bien un, de la part de notre camarade, de choisir pour champ de son activité touristique et littéraire cet Empire Noir Français vers lequel n'ont guère été attirés jusqu'ici que ceux de nos compatriotes qu'y appelaient leurs fonctions^ leurs intérêts ou leur devoir. En allant là-bas, je puis mieux que personne le savoir, Rondet-Saint a voulu, non seulement apporter sa contribution à la diffusion, dans le grand public métropolitain, des choses de l'Afrique Française, mais aussi, prêcher personnellement d'exemple, et, par là, démontrer d'une manière tangible, matérielle, combien est, non seulement souhaitable, mais réalisable en même temps, l'accession de nos immenses territoires du Continent Noir au vaste et très intense mouvement cynégétique et touristique qui constitue pour les
colonies étrangères de l'Afrique Orientale une si considérable source de profits.
Il a eu la joie, — pour un vulgarisateur et le champion d'une idée, il n'en est pas de plus grande, — de voir son effort couronné de succès : son initiative, reprise avec un heureux à- propos par M. Messimy, alors ministre des Colonies, a contribué à provoquer l'instauration, en ce Département, d'une commission chargée d'élaborer un projet de législation cynégétique : premier pas fait dans la voie des mesures propres à faire bénéficier notre Empire d'outre-mer de l'afflux du grand tourisme, ce facteur économique de la valeur et de l'efficacité duquel il n'est plus permis de douter aujourd'hui.
C'est là, assurément, un seul des multiples problèmes qui s'imposent aux esprits soucieux de notre expansion mondiale. Notre camarade est un esprit trop averti pour avoir négligé aucun des autres. Il sait dans quelle mesure tous s'enchaînent au point de former un bloc homogène dont aucun élément ne saurait se distraire ni se négliger, sous peine de compromettre l'ensem-
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ble. Aussi s'est-il appliqué à éviter l'écueil de spécialiser son objectif. Tl s'est, au contraire, attaché, dans la plus large mesure possible, à étendre le champ de ces observations. Et cela Ta conduit, précisément, à cet éclectisme, dont je parlais tout à l'heure, et qui est bien un des plus grands charmes de ce livre.
Je lui souhaite le succès : non pas seulement par la profonde et déjà ancienne sympathie que je porte à son auteur, mais aussi parce que de tels ouvrages sont un appoint de plus apporté à notre expansion nationale, domaine en lequel aucun effort ne saurait être considéré comme négligeable.
A. B\LLIF
Président du Toiir'mg-Club de Finance.