‹ Dans quelle mesure la Dentition temporaire est-elle influencée par le Rachitisme? Étude cliniqueChapitre 11 sur 35 · I. — INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. — INTRODUCTION

Au cours de notre scolarité médicale, en exami-— nant les enfants en bas âge, nous avons été surpris de constater que le rachitisme, qui s’imprimait si profondément, parfois même de facon indélébile, sur leur frêle organisme dont il modifiait pathognomoniquement la morphologie, donnant une physionomie caractéristique à ces petits êtres, semblait respecter leur dentition.

Vérifier la réalité de cette constatation, en découvrir les ëèauses biochimiques s’était immédiatement imposé à notre esprit.

Dès nos premières investigalions nous nous étions si bien rendu compte de l’importance et de l’originalité du sujet que, sous Île titre « Influence du rachitisme précoce de la première enfance sur la dentilion temporaire » nous avions décidé d’en faire lobjet de notre Thèse inaugurale.

Déjà, nous nous étions mis à l’œuvre. La bibliographie et le hasard des consultations suscitaient et

guidaient nos examens cliniques et de laboratoire,

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notre travail progressait, la documentation clinique même était suffisamment abondante — 135 observations — quand Ja guerre éclata.

Depuis le premier jour des hostilités, notre situation (1) nous interdisant toute fréquentation des milieux hospitaliers, tous travaux de laboratoire, ne nous permettant même pas d'effectuer les recherches bibliographiques nécessaires, nous ne présentons, aujourd’hui, que l’étude clinique de cette influence du rachitisme précoce.

Pour mieux délimiter encore notre travail, nous spécifions que nous n'avons eu en vue que le syndrome rachitisme dont l’étiologie relève uniquement des affections intestinales et des déficiences physiologiques par carence de vitamines.

Volontairement, nous avons éliminé toute affection surajoutée ou concomitante, principalement la syphilis et l’hérédosyphilis grandes pourvoyeuses des «ystrophies et érosions dentaires.

Pas davantage nous n’avons envisagé l’action du rachitisme sur l'articulé dentaire. Les défauts d’engrènement des dents ressortissent ordinairement aux malformations maxillaires, exceptionnellement aux dystrophies dentaires. Au surplus les troubles osseux du rachitisme se manifestent avec prédilection sur les os longs et les os du crâne. Les os de la face sont bien moins vulnérables et les maxillaires sont assez rarement atteints par le rachitisme précoce. Ce n’est

1. Médecin de Bataillon d’un Régiment d'Infanterie aux Armées.

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que tardivement, au cours de leur développement architectural et physiologique que les maxillaires — l'inférieur plus fréquemment — subissent des déformations rachitiques entraînant secondairement des défauts d’articulé.

La brièveté de notre étude ne nous permet pas de nous en occuper ici.

Nous ne parlerons pas des examens de laboratoire qui sont peu nombreux. C’est une question à reprendre et à développer.

Toutefois nous partageons l’opinion de M. Ruppe qui, dans son cours de Stomatologie déclare : « un grand nombre de syphilis héréditaires sont larvées -t difficile à dépister. Leurs réactions sérologiques ne sont positives que dans 15 % des cas.

Nous passerons également sous silence les modifications provoquées par l’agression rachitique dans la structure histologique et la composition minérale -de la dent temporaire.

Nous avions l’intention de compléter notre documentation sur ce point et d'établir, par des recherches personnelles le comportement de la dent de lait sous l'atteinte rachitique. Lutte-t-elle, comme fait l’os, par -des réactions modifiant sa morphologie et sa structure histologique ou n’oppose-t-elle que passivité, indifférence ?

Nous attendions de nos recherches histo-pathologiques la corroboration de nos déductions cliniques. Hélas, nous avons dû les suspendre momentanément. Nous les reprendrons ultérieurement dans une étude

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d'ensemble, détaillée et complète de cette importante question.

Parmi les observations inédites qui constituaient la base clinique de notre projet primitif, nous en avons choisi 62 qui entrent plus spécialement dans le cadre de notre étude restreinte.

“Après un court exposé historique, nous rappellerons succinctement quelques notions classiques surl’évolution normale de la dentition temporaire. Nous consignerons ensuite nos observations et de leurscommentaires appropriés découleront logiquement

nos conclusions.

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