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CHAPITRE PREMIER

La vie de Dante nous est presque entièrement inconnue. Un seul de ses contemporains immédiats, le chroniqueur Giovanni Villani, nous a laissé sur lui quelques renseignements précis, mais très brefs :

« En Tan 1321, dit-il, au mois de juillet, mourut Dante, dans la ville de Ravenne, en Romagne, en revenant d'ambassade de Venise, au service des seigneurs de Polenta avec lesquels il demeurait ; et il fut enseveli devant la porte de la grande église, en poète et en grand philosophe. Il

mourut exilé par les Communes de Florence, à l'âge d'environ 56 'ans. Ce Dante fut un honorable ancien citoyen de Florence, de la porte Saint-Pierre, et notre voisin ; et son exil de Florence fut causé parle fait que, quand Mgr Charles de Valois, de la maison de France, vint à Florence, l'an 1301, et en chassa le parti Blanc, comme on disait alors, ledit Dante était parmi les principaux magistrats de notre cité, et de ce parti, quoiqu'il fût guelfe ; ainsi, sans autre faute, il fut chassé avec ledit parti Blanc, et banni de Florence, et il s'en alla à l'Etude de Bologne, puis à Paris et dans d'autres parties du monde. C'était un grand lettré presque en toute science, quoique laïque ; il fut souverain poète et philosophe, et rhétoricien parfait, tant en l'art d'écrire et de versifier qu'en celui de parler en public, très noble diseur et parfait en poésie, avec le style plus beau et plus poli qui fut jamais en notre langue de son temps et après lui. Tl fît dans sa jeunesse un livre de la Vie nouvelle d'amour, et quand il fut dans l'exil il fit des canzones morales et d'amour très excellentes; et il fit entre autres

trois nobles Epîtres ; il envoya Tune au gouvernement de Florence, se plaignant de son exil sans faute ; il envoya l'autre à l'empereur Henri, pendant qu'il était au siège de Brescia, lui reprochant son relard en prophétisant presque ; la troisième aux cardinaux italiens, pendant la vacation après la mort du pape Clément, pour qu'ils s'accordassent à élire un pape italien... Et il fit la Comédie où, en rimes élégantes et avec de grandes et subtiles questions morales, naturelles, astrologiques, philosophiques et théologiques, et avec de belles inspirations et une belle poésie, il composa et il écrivit en cent chapitres ou chants sur l'existence et l'état de l'enfer, du purgatoire et du paradis, aussi hautement qu'on en peut parler, comme le peuvent voir et entendre ceux qui ont subtile intelligence... Ce Dante, à cause de son savoir, fut un peu présomptueux, revêche

et dédaigneux, et, presque comme un philosophe peu aimable, il ne savait pas bien converser avec les laïques. Mais, grâce à ses autres vertus et science et valeur de si grand citoyen, il nous semble qu'il convient de lui donner perpétuelle

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mémoire en cette chronique, outre que les nobles œuvres qu'il nous a laissées par écrit rendent de lui un vrai témoignage et promettent une reputation honorable à notre cité. »

Les biographes qui, à partir de Boccace, succédèrent à Villani, n'ont guère fait que développer ce thème, et la plupart des détails qu'ils y ont ajoutés sont tirés de leur imagination. Nous allons extraire de ce roman les quelques faits qu'on peut considérer comme à peu près certains.

Dante ou Durante degli Alighieri est né en 1265 : une époque de décadence pour l'Europe civilisée, de luttes pour l'Italie, de troubles intérieurs pour Florence. La société catholique et féodale, qui avait brillé d'un si vif éclat pendant le xii 6 siècle, menaçait ruine : aux vaillantes croisades contre les Sarrasins succédait la croisade contre les Albigeois ; aux grandes épopées, les poèmes satiriques ; les allégories aux chants d'amour. La mort de saint Louis, en 1270, semble marquer la fin irrévocable de l'époque héroïque et pieuse : pendant sa jeunesse et pendant toute sa vie, des Vêpres siciliennes aux scènes

sa vie. 13

d'Anagni, Dante ne vit dans l'histoire que des choses abominables, et son œuvre deVait être, selon l'énergique expression de Michelet, ce la plainte du vieux monde mourant contre ce laid jeune monde qui lui succède. t>

Au milieu de ce branle-bas d'une civilisation qui cherche sa voie, l'Italie restait affaiblie par la longue lutte du Pouvoir spirituel et du Pouvoir temporel, qui se poursuivait depuis si longtemps sur son territoire et n'était pas encore achevée : les deux pouvoirs centraux, celui du Pape et celui de l'Empereur, s'étaient minés l'un l'autre dans leur interminable querelle ; et de leur abaissement résultait l'augmentation de l'indépendance et de l'autorité des villes, dont chacune, ou presque, formait un État. Elles étaient généralement organisées en république, en attendant de devenir la proie de démagogues ou de condottieri, et leur constitution intérieure inclinait à la démocratie. Au milieu des troubles intestins qui les agitaient, elles restaient encore engagées dans la lutte des deux pouvoirs, tour à tour guelfes (partisans du pape) ou ghibellines (partisans de l'Empereur),

selon les alternatives de succès ou de revers des deux partis : c'est ainsi que Florence, ghibelline jusqu'en 1266, devient guelfe à ce moment-là, après cetle bataille de Bénévent où avait péri Manfred, l'avant-dernier des Hohenstauffen. Ce fut sous le protectorat même du vainqueur, Charles d'Anjou, que s'organisa le gouvernement des guelfes. Mais bientôt, quoique les ghibellins eussent été proscrits, l'antique querelle devait renaître sous une autre forme : les guelfes se divisèrent en deux factions, les Noirs et les Blancs : les premiers s'appuyant sur le peuple et plus fidèles aux traditions papistes du parti ; les seconds, soutenus par les nobles, se rapprochant du ghibellinisme par leurs tendances féodales et impériales. Dante devait être mêlé directement à leurs luttes, et souffrir de leurs divisions. Il appartenait à une famille guelfe et noble, de petite noblesse toutefois, car le nom d'Alighieri était celui de la femme de son trisaïeul, originaire ou de la vallée du Pô, ou de Ferrare. C'est lui même qui, au chant XVI du Paradis, donne sur sa famille quelques détails qui ont permis d'établir

sa généalogie. La voici aussi haut qu ; on peut la remonter, c'est-à-dire jusqu'à son trisaïeul Cacciaguida.

Cacciaglida.

Preitenitto Alighiero (1)

Bello Bcllincione

Gualfreddaccio-Cenni-Keguccione-Geri. Brunetto Alighiero

Cacciaguida avait été armé chevalier à la croisade par l'empereur Conrad. Dante parle parfois de la noblesse, à laquelle il pouvait donc prétendre, avec une entière indifférence, soit qu'elle tienne à l'ancienneté de l'origine ou de la fortune, et l'identifie volontiers à la noblesse morale ; mais d'autres fois il laisse voir qu'il en étaitassez fier, comme dans ces terzines du Paradis (chant XVI), qu'il intercale dans sa longue conversation avec son trisaïeul.

« notre chétive noblesse de sang ! si tu fais que les hommes s'enorgueillissent de toi ici-bas où nos cœurs sont si faibles,

« Tu ne seras jamais pour moi une chose admirable •

(1) Placé par Dante au Purgatoire^ dans le cercle des Superbes (ch. XV).

car là où les^cœurs ne dévient pas, je veux dire au ciel, je m'en glorifierai.

« Tu es un manteau qui raccourcit vite, de sorte que si chaque jour n'yrajoute un morceau, leTempsrôdeautour avec ses ciseaux. *

Il serait intéressant de réunir quelques détails surlespremièresannées de Dante, sur son enfance, son éducation et sa jeunesse. Mais nous ne possédons que des données isolées et sans cohésion. D'abord, on lit dans tous les manuels que Dante eut pour maître Brunetto Latini, homme d'Etat et philosophe, qui, exilé de Florence avec les guelfes, y rentra quandson parti eut reconquis la ville. Cette assertion repose sur quelques vers de la Comédie.En rencontrant Brunetto Lantini en enfer, dans le cercle des Violents, Dante lui dit :

« ... J'ai toujours présente à l'esprit... votre chère et bonne image paternelle, quand, dans le monde, vous m'enseigniez comment V homme s éternise... »

On croit rêver quand on voit tout ce que les biographes, dès le xiv e siècle, ont tiré de ce passage. Sans doute, le sens de ces mots :

ce Vous m'enseigniez comment l'homme s'éternise, >i est fort vague. On peut les interpréter de mille façons, et c'est, en effet, ce qui est arrivé. Pour Boccace, Brunetto enseigna à Dante la philosophie ; pour le commentateur connu sous le nom de TOttimo, il s'agit de la science morale; pour Benvenuto da Imola, Brunetto fut le maître de Dante dans le sens le plus strict du mot : il aurait tenu une sorte d'école que Dante aurait fréquentée avec d'autres jeunes gens, « dont quelques-uns devinrent célèbres par leur éloquence. » Cette interprétation qui, cependant, s'éloigne plus qu'aucune autre, par sa précision même, du texte de l'Enfer, a été la plus généralement adoptée, et certains biographes modernes l'ont développée jusqu'à faire de Brunetto une sorte de pédagogue, qui aurait « habitué la raison de Dante à pénétrer jusqu'au fond des choses » et lui aurait inspiré, — lui qui écrivait son Trésor en français, qu'il trouvait plus « délectable » que l'italien, — l'amour de la langue maternelle. Or, le peu que nous savons de la vie de Brunetto Lalini suffit à nous mettre en

garde contre de telles fantaisies: en 1273, au moment où Dante avait huit ans, où il aurait donc à peine pu commencer la mystérieuse étude du ce comment l'homme s'éternise», Brunetto était secrétaire du Conseil de la république florentine, fort estimé de ses concitoyens, si directement mêlé à leur politique qu'il fut, en 1283, un des premiers à remplir la charge, nouvellement créée, de prieur. On reconnaîtra que les fonctions de maître d'école ne sont guère compatibles avec la vie d'homme politique que dut mener pendant cette période assez agitée l'auteur du Trésor ; on se demandera où cet homme occupé, pendant les années où son rôle était prépondérant, aurait pu trouver le temps de s'occuper du petit Durante degli Alighieri. On a souvent aussi envoyé Dante à l'Université, soit à Bologne, soit à Padoue : il ne reste aucune trace de ces deux séjours, et le plus probable paraît qu'il fit son instruction en grande partie par lui-même, et assez tard.

De 1283 à 1289, Florence fut en guerre incessante avec ses deux voisines, Pise et Arezzo, foyers de ghibellinisme. On trouve, dans la Divine

Comédie, des échos très vibrants des faits d'armes de ce temps-là : le récit de la bataille de Campaldino que fait Buoncoa de Montelfeltro au chant V du Purgatoire, et une image fournie par une évidente réminiscence de la prise de Caprona, au chant XXI de V Enfer. On a pris texte de ces deux morceaux pour af tirmer que Dante combattit dans les rangs des guelfes florentins : le fait peut être considéré comme à peu près certain pour ce qui est de la prise de Caprona, et demeure douteux pour la bataille de Campaldino.

Mais l'épisode le plus saillant de la jeunesse de Dante, celui qui a soulevé aussi le plus de discussions, c'est son amour avec Béatrice. On sait comment il le raconte lui-même dans la Vie nouvelle, comment Boccace le raconte après lui, et tous les biographes après Boccace. Il avait neuf ans, quand , un jour de « doux printemps », dans une fête que donnait un noble Florentin, Folco Ricovero de Portinari, il vil pour la première fois celle qu'il devait immortaliser. C'était la fille de son hôte ; elle était de quelques mois plus jeune que lui, vêtue de rouge, et « de si louables allures », qu'on

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pouvait certainement lui appliquer ces paroles du poète Homère : « Elle ne semblait pas la fille d'un homme, mais d'un Dieu ! » A partir de ce moment, l'amour régna sur l'âme de l'enfant.

Neuf années passèrent pourtant sans qu'il revît Béatrice. Au bout de ce temps, elle lui apparut pour la seconde fois, vêtue de blanc et en compagnie de deux nobles dames plus âgées qu'elle. Elle le salua, et acheva de le conquérir à jamais. Son sentiment pour elle devint si absorbant, qu'il en perdit la santé : la voir et obtenir un salut d'elle, était pour lui le dernier terme de la béatitude. Cependant, discret et timide, il s'efforçait de cacher son secret. Quand on lui demandait quel mal mystérieux le dévorait, il répondait, c'est vrai : a C'est l'amour qui m'a mis dans cet état ! » Mais quand on en voulait savoir davantage, il souriait et ne répondait plus. Pour mieux égarer les soupçons, il se décida même à jouer une petite comédie d'amour avec une autre dame, pour laquelle il rima quelques bagatelles ; puis, cette dame ayant quitté Florence, il s'adressa aune autre, sur les conseils mèmed'Amourqui parfois lui apparaissait

en rêve. Cette seconde dame était-elle indigne d'être aimée par lui, même en feinte ? ou Béatrice prit -elle au sérieux le mensonge de son adorateur ? Le fait est qu'elle lui refusa sa salutation, cotte salutation qui faisait sa joie. Il rentra chez lui, alla s'enfermer dans la pièce la plus écartée de son appartement, et pleura « comme un enfant qu'on aurait battu. » Plus tard, il la revit dans une maison où Ton célébrait des fiançailles, et le trouble qu'il ne put cacher ne laissa pas d'amuser les jeunes dames qui le remarquèrent. Béatrice, qui rit avec elles, n'ignorait certainement pas le sentiment qu'elle inspirait ; si elle le partageait, elle n'en laissa rien voir, rien de plus que ce que trahissaient ses modestes salutations ; et elle devint la femme de messire Simone dei Bardi. La vie de Dante, néanmoins, continua à suivre parallèlement celle de Béatrice, à tel point que, quand mourut son père, il put lui adresser des vers de " condoléances. La douleur de Béatrice était très vive ; ses amis disaient d'elle : « Ceux qui la voient en cet état devraient mourir de pitié. » Fut-ce un effet de sa grande sympathie? à ce

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moment-là, Dante tomba malade, et les visions qu'il eut pendant sa fièvre lui annonçaient la mort de sa dame. Ces présages funestes ne mentaient pas, et, à peine rétabli, Dante dut éprouver en réalité les angoisses et le deuil qu'il avait déjà soufferts dans ses rêves ; Béatrice mourut à la fin de sa vingt-quatrième année.

Ce roman de jeunesse, auquel Dante s'est plu à rattacher la conception de sa grande œuvre, a été discuté et commenté de toutes les façons. Les uns ont soutenu l'identité de Béatrice Portinari, dont des documents authentiques attestent l'existence, et de l'héroïne de la Vie nouvelle qui devait ensuite servir de guide à Dante au Paradis, Les autres n'ont voulu voir en elle qu'un symbole, représentant la théologie, ou la foi, ou la rédemption, ou la femme en général, ou môme la Puissance impériale. Sans entrer dans ce débat, .nous dirons seulement que la a très noble Dame > que Dante a aimée et chantée a sans doute existé réellement, mais qu'il est fort peu probable qu'elle se soit appelée Béatrice et qu'elle ait appartenu à la famille des Portinari.

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Cet amour, d'ailleurs, ne suffit pas h remplir le cœur de Dante pendant toute sa vie, et Ton voit glisser dans son œuvre d'autres profils de femmes : celle d'abord qu'il appelle la « Donna pietosa », et dont le regard sympathique le consolait pendant sa grande douleur ; puis d'autres, à peine signalées par qaelques vers, et qui ont servi de prétextes à mille suppositions plus ou moins ingénieuses : celle qui se trouve désignée dans la gracieuse petite ballade :

Io mi son pargoletta bella nuova ;

une beauté « alpestre » qui lui adoucit un temps l'amertume de son exil ; la « bella pietra » des canzones; et celte Gentucca que lui promit dans le Purgatoire le poète lucquois Bonagiunta Urbiciani. Il semble que les poésies amoureuses de Dante aient été conçues assez tôt : en tout cas, elles le mirent en relations avec les meilleurs poètes de son temps : Guido Cavalcanti d'abord, un des plus brillants cavaliers de Florence, philosophe sceptique et ardent ennemi des « popolani » ; puis le jurisconsulte Cino dei Sinibuldi, plus connu

sous le nom de Cino da Pistoja, esprit charmant et plus léger, qui fut moins fidèle à sa Selvaggia que Dante à Béatrice ; puis d'autres, moins connus, Lapo Giani et ce Dante de Majano, qui trouvait absurdes les premiers vers de son illustre homonyme el l'engageait impoliment à faire soigner sa folie. Il est difficile de marquer exactement quels furent les rapports de Dante avec ces hommes ; mais ils avaient ensemble un> commerce littéraire très actif, et ils échangeaient des sonnets ou des canzones qui ont tous le même caractère de mysticisme profond et d'amour exalté.

A une date qui tombe, sans qu'il soit possible de préciser davantage, entre 1291 et 1298, Dante se maria. Sa femme, Gemma Donati, appartenait aune famille dont le nom revient à chaque page dans l'histoire de Florence de cette époque, et dont le chef était le fameux Corsone surnommé « Il Baracci », qui dirigea plus tard le parti des Noirs et finit tragiquement. On ignore absolument ce que fut la vie commune de Dante et de Gemma. Une seule chose est certaine r c'est qu'ils eurent au moins

quatre enfants, deux fils. Piero et Jacopo, et deux filles, Béatrice et Antonia.

Après la mort de Béatrice, Dante entra dans la vie publique ; mais les traces qu'il y a laissées de son passage y sont fort légères et difficiles à coordonner. C'était le temps où le gouvernement florentin était décidé à faire droit aux réclamations des ce popolani », et & élargir dans un sens plus démocratique la constitution de la ville. Tout citoyen qui voulait arriver aux affaires devait s'inscrire à l'un des « Arts » : vers 1296, Dante se fit inscrire àl'art des médecins et pharmaciens, qui comprenait aussi les peintres, sans qu'on sache pourquoi il avait choisi celui-là. Trois ans plus tard, il était chargé d'aller surveiller le renouvellement et la confirmation d'un nouveau capitano dans la commune de San Gemignano. Si Ton en croit la biographie traditionnelle, cette première et modeste mission aurait été suivie de plusieurs autres — quatorze, au dire de Philelphie — et presque toutes de première importance :

Dante aurait été chargé de représenter sa patrie auprès des princes les plus puissants, dans des

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