SCÈNE IV
BABDI.
Moi-mème avec effroi je descends dans mon âme!
Tandis que Béatrix, avec cette froideur.
Me parlait, je sentais je ne sais quelle ardeur S’emparer de mon être ! — Oh ! la haine ! la haine ! Elans tumultueux dont mon âme était pleine.
Sombres ressentiments, n’éclatez pas encor!
Le .jour viendra bientôt où vous prendrez l'essor. Contenons-nous! Et quand l’heure sera venue.
Comme la foudre brille en déchirant la nue.
Que toute votre ardeur à la fois s’échappant Ressemble au feu du ciel : ne brillez qu’en frappant !
— Mais ce but où toujours aspira mon envie,
Le pouvoir! le pouvoir! Ce rêve de ma vie
Va m’échapper peut-être aujourd’hui... Le pouvoir!
— Si Dante... Oui, sans doute; il me reste un espoir.... * Etre prieur... Parler aux rois que l’on égale.
Tenir pour qui l'on hait la balance inégale.
Etre implacable et fort! — Le pouvoir... je l’aurai.
Que Dante accepte!... Et s’il refuse?... J’essaierai.