‹ Dante et Béatrix drame en cinq actes et en versChapitre 29 sur 68 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DANTE, seul.

Le condamner?... Peut-être dès demain Sa tête... Eh quoi! Celui qui me tint lieu de père. Dont les soins ont guidé ma jeunesse sévère.

Qui d’un regard ami me suivait en tous lieux.

De moi seul inquiet, de moi seul orgueilleux; Celui qui m’inspira, dans une infâme époque.

Ce culte du devoir que contre lui j’invoque !

— Et Bardi... Béatrix sera sa femme... Oh! non. Cette idée est coupable et me vient du démon.

Le juge ne serait qu’un infâme homicide;

Que ce soit le prieur, non l’amant qui décide!

49 Dante bt bëatrix.

Oè donc est Béatrix? ange visible aux yeux.

C'est elle qui toujours m'inspirerait 'le miem!

— Que dirait Béatrix? Cette pensée est<bonne.

Elle -me soutiendra lorsque tout m'abandonne.

{Après «ne rêverie.)

Ah! c'est triste, la vie! Et dans ce gouffre amer Les Jours sont noirs, ainsi que les flots de damer!

— Poésie, ô ruisseau qui chantes dans les plaines. Qu'attiédit le printemps de ses chaudes haleines.

Que j’ai passé de jours, seul, ravi, sans parler.

A suivre d’un œil lent tes flots lents à couler!

Jours 'où de chaque pleur naissait une espérance;

Comme j'étais heureux, même de ma souffrance ! Aujourd’hui, que de soins, de pensers suborneurs... Comme je souffre, hélas! même de mes bonheurs!

Je suis prieur... je suis maître du rang suprême.

Et je vais m’en servir contre un homme que j’aime !...

{Il prend un parchemin sur la table.) Hélas! — ce parchemin est tout prêt... le voilà... iln mot... ef. tout est dit, que vais-je écrire Ik?

{Im grande porte s’ouvre. Un serviteur introduit une femme voilée.)

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