‹ Dante et Béatrix drame en cinq actes et en versChapitre 32 sur 68 · ACTE III. {tf · texte numérisé non relu

ACTE III. {tf

Je n'aurais pas osé, sans lui qui triomphait.

Vous parler même en rêve ainsi que je l’ai fait, ,

A vous, ô Béatrix, dont la vertu suprême -

N’a pas besoin d’un ange et se garde elle-même!

Mais je mériterai mon pardon, réparant

Mon crime d’aujourd’hui par un respect plus grand;

Je vous élèverai dans ma pensée un temple,

A vous qui me servez de lumière et d’exemple, '

Et je voiB placerai, plus radieuse encor.

Au seuil du paradis, sur un nuage d’or! ,

BÉATRIX

Eh bien, relevez-vous, Dante : je vous pardonne.

Car tous nous faiblissons quand Dieu nous abandonne. Et je n’ai pas le droit, moi faible comme tous,

Dante, de me montrer plus sévère pour vous.

Désormais contemplez' les beautés souveraines,

Vous résisterez mieux à la voix des sirènes.

Et puis, songez-y, frère : il est des jours meilleurs; Séparés dans ce monde, on se retrouve ailleurs!

: — Dante, adieu maintenant.

( On entend de grandes rumeurs au déhors.)

Entendez-vous? .

{S’approchant de la fenêtre.)

La foule !

La foule! — Regardez : c'est une mer qui roule Et qui hurle et qui vient...

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