SCÈNE VI
DANTE, BRUNETTO, BARDl, TORELLO. — Foulb,.
Gabdes.
BABDt.
Dante, je sui< vaincu. Je le vois, tu l’emportes.
Le sort trahit souvent les âmes les plus fortes.
Mon supplice sans doute est déjà décrété,
Dante : délivre-toi d’un rival détesté.
DANTE, prtnant le fctrdwmàa.
Avant de me juger, écoute, je te prie :
— Au peuple florentin l’illustre seigneurie.
Contre le chevalier Bardi, le professeur Brunetto Latini, moi Dante, moi prieur.
Je prononce l’exil selon la forme anticpie, '
An nom de la Halie et de la République. ' -
BARDI
Au temps où nous vivons les triomphes sont courts,
Je te le prouverai, Dante, sous peu, de jours.
TORELLO, bas, à Dante.
L’exil? — Mais c’est trop peu ! J’ai peine à vous comprendre. On revient de l’exil. — Et puis, je viens d’apprendre Que Charles de Valois approche de nos murs,
Ils s’allieront à lui, nous en sommes bien sûrs.
DANTE
Mon maître, en punissant, considérons, de grâce ! L Le danger qui n'est plus, non celui qui menace. ' 1
M DANTE). £T BBATRIX.
TORELLO, à part.
Cet homme se perdra, j|e^le sens aujourd'hui.
Trop honnête ! J’eus tort de m'attacher à lui.
, J ; ) , parcourant des, yeux la milice. — i
Adieu, mes bons amis; je n’oublierai personne.
TORELLO, à part.
Cet homme a le regard d’un serpent... Je frissonne.
■ ' BARDi, à Torello.
Maître, vous voilà donc parmi mes ennemis? ^
' TORELLO
Moi, seigneur, croiriez-vous?... J’avais... j’avais promis...
{Bas.) ^ ;:M” ' ' :■ '
Je vais sur le chemin de Lucques vous attendre, Je crois que nous pourrons encore nous entendre.
, {En sortant regardant Bardi.) .
Cet homme est un lion’., Toujours on le trouva .
Plus fort que le. danger...
{Regardant Dante.)
Pauvre honnête homme, va!
BARDI
Adieu, Dante; adieu donc; l’exil où tu m’envoies,
S’il se prolonge même, aura toujours ses joies : ^ ^
'Béatrix y viendra rejoindre son époux. '
, DANTE. ,
Il parle d’elle, à moi! Mon Dieu, l’entendezrvous?
BARDI
J’ai mon triomphe aussi. Pour toi plus d’espérance; -, Portinarl, vaincu par l’àge et la soufirance, - . . i. j
ACTE Ul. V A sa fille laissant ses ordres absolus, Portinari se meurt... ' ,