SCÈNE VII
Les Mêmes, Gl'IDO.
GUIDO
Portinari n’est plus.
Adieu donc de mon cœur l'espérance dernière ;
O Beatrix! je mêle à vos pleurs ma prière,
O Béatrix! malgré ce qu’il m’a fait souffrir,
A l’Ame du chrétien puisse le ciel s’ouvrir!
GUIDO
Tu lui dois mieux encor qu’une prière, écoute Et tu le béniras, en le pleurant, sans doute :
Ses amis, ses parents, par son ordre appelés,
— J’étais là, près de lui pleuraient agenouillés, Quand, soudain, d’une voix un instant ranimée :
« Je t’ai fait bien souffrir, ma fille bien aimée!
» Dante est digne de toi, je l’avoue aujourd’hui;
» Moi-même je voudrais te confier à lui,
» Mais que ma volonté dernière vous unisse,
P Qu’il soit heureux, ma fille, afin qu’il me bénisse! n Je fus injuste, mais Bardi régnait sur moi,
* Je ne veux pas laisser sa main peser sur toi;
» Que Dante soit ton maître et top époux, personne N Ne saurait te blâmer : ton père te l'ordonne.
DANTE
Je n’ose songer même à ma félicité.
Devant la mort la joie est une impiété.
Mon Dieu! mais le devoir que ce moment m’impose» Je saurai le remplir partout, en toute chose.
(.4 Bardi.)
Toi, chevalier, écoute un seul moment encor : l’ortinari, je crois, te devait beaucoup d’or.
Vingt mille florins...
(Il va à la table et écrit rapidement.) Prends ce papier, je l’exige.
Tous mes biens sont à toi, chevalier. Prends, te dis-je.
BAEDi, à part.
(!ontenons-nuus. Ma haine, attends encore, attends. Chacun aura son jour. Bientôt il sera temps.
(Il sort .suivi de la milice.)