ACTE I
Rien ne te manque, à toi, pour eette grande lotte! Des sciences tentant le sommet ineonnn,
Jusqu’au quadrivium n'es-tu pas parvenu?
N’as-tu pas, adoptant leurs passions lointaines. Comparé Cicéron, Eschine, Démosthènest Comme ces hommes forts que ton cœur adora.
Va tonner au fonn», descends dans l^Agora;
Leur gloire t’est possible, et je te la préposé.
GUTDO, à part.
Vrai Dieu! la politique est une belle chose!
DANTE, après un silence.
Je vais récimipenser bien mal vosloogs. efforts Mais celte lutte veut des athlètes plus forts.
De tous vos orateurs Dante serait le pire!
D’ailleurs, il n’est rien là qui m’invite et m’inspire; Il était l)eau sans doute, au temps des Cicéron,,
De donner à sa vcni la force du clairon;.
Le monde entier servait d’auditoire au grand homme Et ses cris ébranlaient Les collines de Rome!
Mais à Florence, ici, rien de pareil, mieux vaut Choisir ailleurs son but et le mettre plus.haul; Quelque éblouissement que U puissance iette,.
Il est encor plus beau de n’être qu’un poète!
— Ah ! si ce que je rêve est j^amain accompli,.
Si, des voiles du temple écartant un seul pli,. J’entrevois tes splendeurs, ô demeure éternelle,.
Si le vent infernal m’emporte sur son aile.
Pour rai -je,, tout ému, tout pâle, tout tremblant. M’occuper du parti noir ou du parti htUme?, BMINBX'EO>
Enfant! je te prédie.qii’us jonc, bientôt peutrètre,.
Tu mépriseras moins les conseils de ton maître ;
Le temps où nous vivons nous saisit malgré nous,
Tu céderas au vent qui nous emporte tous!
Je te connais, va! Grâce à notre vie intime.
J’ai sondé bien souvent ton cœur comme un abîme;
Bien des fois je t’ai vu, dès tes plus jeunes ans,
T’élever comme un roi sur les autres enfants!
Et si l’un d’eux voulait secouer ton empire,
Ta lèvre se crispait comme prête à maudire;
Tu punissais, d’un mot ou d’un geste irrité.
Le crime ou le malheur de t’avoir résisté;
Va, j’ai lu mieux que toi dans ton intelligence :