‹ Dante et Béatrix drame en cinq actes et en versChapitre 48 sur 68 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, DANTE.

DANTE

Au fourreau les épées!

Certes, ce dévoument me rend fier et joyeux.

Et l’honneur qu’on me fait me rehausse à mes yeux ! Mais, comme le destin nous trompe en mainte chose. Amis, je ne veux pas’ vous mêler à ma cause. . .

— Oublions désormais ma grandeur qui n’est plus. Ne perdons pas cette heure en regrets superflus.

Mon pouvoir est brisé, ma chute est bien complète, Et je ne suis plus rien maintenant qu’un poète!

— Poète.... oui, j’avais fait un grand rêve, amis.

Mon poème achevé vous eût été soumis.

Mais puisque de mes jours Dieu mesure le nombre. De mon idée au moins je veux laisser une ombre.

— Mon œuvre n’est qu’une œuvre informe jusqu’ici. Mais ce que je voulais quelle fût, le voici :

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GUIDO et ses amis.

Ami, nous t'écoutons! — Oui, parle, Dante!

DANTE, après un silence de recueillemtnl .

Frères !

Plus d’une heure et d’un jour me seraient nécessaires Pour mettre sous vos yeux le rêve que j’ai fait;

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