‹ Dante et Béatrix drame en cinq actes et en versChapitre 50 sur 68 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Tous les crtnaes du monde ont leurs représentants !

Là chacun a sa place et chacun sa souffrance;

Entrezj maudits, entrez et laissez l’espérance !

— Quittons l’enfer, quittons les lugubres accords. L'àmc doit se laver des souillures du corps Avant de parvenir à la gloire infiniei Ohl si j’avais reçu ce grand don du génie.

Dans tout le purgatoire, affreux et doux séjour. J’aurais mis l’Espérance, aurore de l’Amour!

Enfin, le ciel ! — Mais quoi ? C’est un orgueil immense Qui grandit maintenant jusques à la démence ! Aurais-je osé jamais, avec l’œil d’un mortel.

Sonder l’immensité de l’Amour éternel?

Et m’élever, de sptMjre en sphère, à l’Empyrée ? Comme l’eau des marais au soleil attirée!

Je l’oserai pourtant, s’il me reste un seul jour;

Je parcourrai l’abîme et le divin séjour;

Mais j'aurai deux soutiens dans ce rude voyage, , Deux guides relevant de la voix mon courage :

— Virg le m’ouvrira les portes de l’enfer,

Et donnera l’accord à ma Ijtc de fer !

— Au paradis, j’aurai pour guide une mortelle Si pure qu’elle fait oublier qu’elle est belle!

Si douce par le cœur, si grande par l’esprit

Qu’à son nom seul mon âme admire et s’attendrit.

Et d’elle je dirai, si le ciel me seconde.

Ce qu’on n’a jamais dit d’aucune femme au monde!

— Voilà mon rêve, amis; ce ne fut qu’un éclair.

Il doit laisser à peine une trace dans l’air.

Pareil au laboureur qui jette la semence

Et voit déjà les blés couvrir la plaine immense. Préparant mon esprit, comme lui son terrain,

7Î DANTE ET BÉÂTRIX.

Joyeux dans mon espoir, j’avais semé le grain, ' '

Je souriais, d’avance, à mes sillons superbes... .

Un plus heureux que moi nouera les blondes gerbes!

— Adieu donc! A vous tous l’heureuse liberté.

Aucun travail sans fruit, aucun germe avorté ;

A vous les grands élans qui sont les seules règles.

Et les larges coups d’aile, ô compagnons des aigles!

— A moi la mort, à moi Texil — autre linceul —

Et puis.se le destin ne frapper que moi seul !

(On entend de grands cris au dehors.) GUIDO.

Entendez-vous?... ces cris...

CBis, au ddwrs.

Dante à mort!... mort à Dante!

GUIDO

C’est cette populace au mal toujours ardente ;

A notre ami faisons un rempart de nos corps.

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