‹ Dante et Béatrix drame en cinq actes et en versChapitre 52 sur 68 · I.es choses cependant, quoi qu’il dise ou qu’il fasse · texte numérisé non relu

I.es choses cependant, quoi qu’il dise ou qu’il fasse

Si je t’accuse, moi, changeront bien de face :

Devant le peuple on voit triompher, de nos jours, Les accusés jamais, l'accusateur toujours!

D’ailleurs, quoiqu’inhabile aux luttes d’éloquence,

J’ai ma force, et je suis plus puissant qu’on ne pense. Je te déclaré donc, pour ne te cacher rien,

Vlue je demanderai ta mort au peuple.

DANTJE.

Bien.

Je m’attendais à tout, hormis à ta franchise.

BASDl.

Si je raisonne que Brunetto le dise.

(i4 Brunetto.)

Maître, n’est-il pas vrai que, si j’en prends souci,

Je pourrai perdre Dante et le sauver aussi.

{A Dante.)

Il n’ose rien répondre, et c’est répondre encore.

DANTE

Ton pouvoir, chevalier, personne ne l’ignore;

Celui de Brunetto décroit dès aujourd'hui;

Tu dois être plus fort, étant pire que lui !

— Ainsi, va droit au but. Je suis calme, et j’écoute.

BAROI.

Au but, oui — mais voici ce qu’il faut que j’ajoute :

Tu te souviens du jour où je te proposai D’abdiquer le pouvoir, Dante?

DANTE

Tu l’as osé.

Et je te repoussai, gardant ma propre estime.'

BARDI

Oui, mais c’est ce refus qui te mène à l’abîme.

— Tu connais mon pouvoir. Ton sort est en ma main; Tu seras condamné, si je le veux demain.

Eh bien, je viens encor te faire une offre, Dante,

Mais ne pas l’accepter serait chose imprudente :

Je sauverai tes jours, je parlerai pour toi Au peuple, ou je prendrai l’acquittement sur moi;

Je me fais ton soutien, dès ce soir je l’annonce.

Et la condition ?

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