ACTE IV
DANTE
A Béatrix.
Est fort simple : Renonce
DANTE
Allons! tu veux railler? Plus rien!
J'aimerais mieux mourir mille fois, vois-tu bien!
«Ânni.
Naguère, je voulus pour le pouvoir suprême Te céder Béatrix; tu l’avoueras toi-mème.
Refuser fut un tort. Je t’offre en ce moment Pour Béatrix la vie; enfin, je suis clément : J’achète en te sauvant ce que je pourrais prendre.
DANTE
Et j’ai sans doute encor des grâces à te rendre !
Oui, je t’ai refusé le pouvoir autrefois.
Ma conscience au moins m’approuve, et je la crois; Je lisais dans tes yeux, je lisais dans ton âme ;
Tu ra’oflrais un marché honteux, impie, infâme.
Et je t’ai repoussé, chassant tout autre espoir,
Parce que tu n’étais pas digne du pouvoir!
— Et tu me fais une offre encor plus insensée!
Ma sainte Béatrix, ma chaste fiancée.
Je te la livrerais ! — Et cet homme le croit!
De mon salut, sur elle, il se ferait un droit!
— Hélas! pour Beatrix la fortune est jalouse,
Et je la laisserai veuve avant d’être épouse;
Mais elle n’aura.pas, je t'en donne ma foi.
Le malheur de tomber dans tes maios après moi ! Car mon sang répandu, c’est ce que je demande,. Fera que son horreur pour toi sera plus grande ! — Toi tu serais l'époux de Beatrix! Sais-tu Quelle est sa pureté, sa grandeur, sa vertu ? Sais-tu de quels trésors le ciel forma son âme?' Elle, l’ange, la sainte, elle serait ta femme !
Je te repousse donc, sans cacher mon mépris.
Parce que tu n’es pas digne de Béatrix !
HARDI
Prends garde! je pourrais... Accepte, Dante !
DANTE
Arrière
HARDI
Pour la dernière fois, Dante, — pour la dernière — Je te dis
DANTE
C’est assez! je brave tes défis...
HARDI
Alors, Daute, à demain! et tremble!
HRL'NETTO, s’avançant.
Bien, mon fils 1
Je t’approuve — à présent, regarde-moi sans haine, Dante I Dante ! je viens de triompher à peine.
Et j’accours te défendre — o Dante! ô mon enfant! Ton ennemi triomphe et pleure en triomphant !
J'ai fait ce que j’ai dû. Mais je viens te défendre ; C’est du peuple, demain, que ton sort va dépendre; Quoique de ses fureurs on puisse redouter.