I.A VIE Nol’YKI.I.E
lotîtes lieux paraissent écrites pour la même personne; mais celui qui y fera attention, verra bien que deux personnes différentes y parlent, parce que l'une n’appelle pas cette dame sa dame, et que l’autre ne manque pas de lui donner ce nom, comme on le voit clairement.
Je lui donnai ce sonnet et cette canzone, en lui disant que je les avais composés {tour lui seul.
Toutes les fois, hélas ! que mon àme oppressée Me dit que, désormais, je ne dois plus revoir La Dame dont la mort m’a laissé sans espoir.
Tout autour de mon comr je sens que ma pensée Entasse maux sur maux et douleurs sur douleurs.
Et je dis à mon ;\mc ; « Il faut quitter la vie.
Car, dans ce monde affreux, les tourments et les pleurs. Et les ennuis auxquels je te vois asservie.
Me rendent tout pensif et tout tremblant d’effroi. »
Oui , comme un doux re|H>s, c’est la mort que j’ap|>elle, Car j’ai tant de penchant et tant d'amour pour elle.
Que je me sens jaloux de qui meurt avant moi.
Des soupirs douloureux de mon àme ulcérée Il se forme une voix sourde, désespérée.
Qui va criant ; la mort! aux échos des chemins. Je sens se diriger tous mes désirs vers elle. Depuis que sur ma Dame elle a posé les mains; C’est qu’aussi ses attraits et sa beauté mortelle. Du jour où d’ici-bas ma Dame disparut,
Ont revêtu là-haut des formes séraphiques.
KO
UANTK.
Tell«*s, que «les élus les troupes angéliques.
Sitôt qu’elle apparaît , lui foni un doux salut ,
Et leur esprit divin, dont le eiel se décore.
S’étonne de la voir plus belle qu'eux encore!
Dans le jour où s’accomplissait l’année révolue depuis que cette dame avait acquis le droit de cité dans la vie éternelle, j’étais assis dans un endroit où, plein de son souvenir, je dessinais un ange sur certaines tablettes, et, (tendant que je dessinais, je retournai les yeux, et je vis des personnes auxquelles je devais de la considération et qui regardaient ce que je faisais. Selon qu’il m’a été dit depuis, ils étaient là bien avant que je m’en fusse aperçu; quand je les eus vus, je me levai, les saluai , et leur dis : « Une autre personne était tout à l’heure avec moi. » Lorsqu’ils furent partis, je me remis à mon travail, c’est-à-dire à dessiner des figures d’anges, ce que faisant, il me vint l’idée de rimer «les paroles |>our l’anniversaire de cette mort et d’écrire à ceux qui m’avaient visité: et je fis alors ce sonnet qui a eu deux commencements :
Un triste souvenir, à mon âme attendrie,
Venait «le rappeler la divine l«eauté Que le Seigneur admit, pour son humilité,
Au trône glorieux de la Vierge Marie.
L’Amour, qui devina ma sombre rêverie,
S'éveilla de nouveau dans mon cœur attristé Et «lit à mes soupirs : Allez en liberté!
Et chacun s'échappa de ma lèvre flétrie.