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La mort n fermé cette Iwuche qui Hltait peut-être lui dire de douces paroles; elle a éteint ce cœur qui peut-être aurait soupiré au récit de scs peines passées.
L’Amour m ouvrait le |>ort si longtemps attendu,
Qui devait m'abriter des périls du naufrage
En ce temps de ma vie où, moins ardent, notre âge '
Se dépouille du vice et revêt la vertu.
Son regard bienveillant jusqu’à moi descendu Voyait clair dans mon cœur transparent et plus sage; Comment, en un clin d’œil, Mort ingrate et sauvage, Le fruit de tant de jours par toi s est-il perdu ?
Sur la |»ente des ans, j'arrivais à la veille De déposer enfin dans sa pudique oreille Cet antique fardeau de mes plus tendres vœux.
Elle m’eût dit, peut-être, une douce parole Qu’eût suivie un soupir... car le temps qui s’envole Aurait changé nos traits et blanchi nos cheveux!
l'KTRAHyiF.
Cette I.anre «|u'il aima jadis n'est plus colle nu'il aime aujoiml'liai , c’est une Laure céleste; il ( appelle comme autrefois, elle u n plus de voix pour lui repontlre (t).
Lorsque je vis la tige où j ’attachais nies vœux Tomber comme la lleur que le vent a fauchée.
Jeter, disséminer son feuillage en tous lieux,
Et montrer au soleil sa racine arrachée...
Les Muses à ma lyre et l'Amour à mes feux Kn montrèrent une autre à tous les yeux cachée Dont ils ont entouré mon cœur en mille nœuds;
Du lierre ainsi la plante au chêne est attachée.
Ce laurier (2) dont l’ombrage a vu s’épanouir Ma pensée amoureuse et mon ardent désir Qui n’en put détacher une feuille en ce monde,
Transplanté dans le ciel, a laissé dans mon cœur,
Sa vivante racine... Aussi, dans ma douleur,
J’appelle, et nulle voix n’est là qui me réponde.
(t) Dans cette allégorie, celle qu'il aimait sur la terre est la tige que le vent de la mort a déracinée. Le rejeton caché à tous les yeux que l'Amour lui montre dans le ciel et que sa musc* lui apprend à chanter, c’est l,aure divinisée. Il la compare à un laurier transplanté dans le ciel et dont la racine est dans son cœur.
(2) Allusion à Laure et au laurier qu'il cultivait à Vaucluse.
SONNETS
xux.
Il reconnaît la vanité de sou amour terrestre, et c’est l'âme et non plus le corps de Laure qu’il aime maintenant.
Plus légers que le cerf dans sa course légère,
Mes jours ont fui dans l’ombre, et leur plus grand bonheur Ne brilla qu’un éclair de sereine lueur,
Souvenir plein pour moi de charme et de misère !
Oh ! monde périssable, orgueilleuse matière,
Aveugle qui dans toi met l'espoir de son cœur!
Ce que j’aimais n’a plus sur le front de couleur Ni de chair sur les os : rien que cendre et poussière !
Mais sa pure substance, élément éternel,
Astre resplendissant qui brille au haut du ciel,
A rallumé mon cœur à sa vive étincelle;
Et je puis comparer, blanchissant chaque jour ,
Ce qu’elle est aujourd'hui, dans son divin séjour,
A ce qu’est ici-bas sa dépouille mortelle!
PUT R \ Rot K.
2tn
Pétrarque absent pendant quelque temps de Vaueluse n'y revient jamais sans sentir renaître toute sa douleur en n’y revoyant plus celle qu'il a tant aimée.
Je sens l’air d'autrefois... déjà je vois descendre (levant moi la colline on naquit la beauté Dont, pendant ses beaux jours, mon cœur fut enchanté, Dont mes yeux maintenant mouillent la froide cendre.
Vœux, désirs que le ciel ne voulut pas entendre! L'herbe est veuve, et ces eaux n’ont plus leur pureté; Vide et froid est ce nid qu’elle avait habité,
Où, mort, je désirais avant elle m’étendre.
J’aurais senti le poids de ses pieds adorés,
J’aurais fixé scs yeux de pitié tempérés;
Doux espoir de repos à mes lourdes pensées!
Mais j’eus pour maître un rude et sévère seigneur;
J’ai brûlé tant que j’eus le foyer de mon cœur,
Etj ’en pleure aujourd’hui les cendres dispersées.
SON NKT".
Lu mort n'a frappe qu’un cadavre; elle ne peut rien contre sa renommée, rien contre son âme qui est au ciel , et c'est là qu’il l’implore.
Tout ce que tu pouvais, Mort, tu viens de le faire; Le royaume d’ Amour, par toi déshérité,
A vu ta faux trancher cette fleur de beauté ,
Et ton souffle étouffer cette douce lumière.
Par toi le monde est nu, dépouillé, solitaire,
Vide et décoloré, mais son nom respecté
Et sa vertu promise à l’immortalité
Sont hors de ton pouvoir... A toi sa part de terre!
Sa belle âme est au ciel, qui de ce doux flambeau Se glorifie ainsi que d’un soleil plus beau,
Et les bons ici-bas garderont sa mémoire.
Nouvel ange du ciel, au sein de ta victoire,
Que ton cceur soit pour moi vaincu par ta l>onte, Comme le mien ici le fut par ta beauté!
PÈTKARQl'K.
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