SI H LA JÉRUSALEM DÉLIVRÉE
Ii n'a pas inspiré une nouvelle croisade, mais il a fait verser des pleurs, Kràce à la muse, ou plutôt à la dame qui l’avait inspiré et dont il invoque encore l'inspiration.
J’ai chanté les combats et ce héros pieux Qui sur les Sarrasins reprit la Terre-Sainte,
La terre du Sauveur, encore toute teinte l)u sang qui de la mort nous lit victorieux.
Ma voix rajeunissait un passé glorieux.
Mes chants sont applaudis, mais la foi s’est éteinte,
Et je n’ai vu venir à l’appel de ma plainte Nulle croisade armée au secours des saints lieux.
A-t-on pu suivre au ciel mon vol en sa hardiesse?
Je ne sais, mais souvent j’ai vu pleins de tendresse Au récit de mes vers des yeux charmants pleurer...
C’est que parfois la Muse, ou quelqu’autre immortelle (\) M’a fait toucher les deux en daignant m’inspirer...
Qu elle m’inspire encore el m’emporte avec elle!
(1) Lconoro d’Esln.
LE TASSE