‹ Dante, Pétrarque, Michel-Ange, TasseChapitre 72 sur 88 · A LA VIERGE · texte numérisé non relu

A LA VIERGE

qui lui apparut, et qui le guérit miraculeusement dans une grave maladie qu'il fit dans sa prison.

Pauvre captif malade, à force de souffrir,

Jusqu’au fond de mon cœur la vie était glacée,

Et dans un lourd sommeil mon âme embarrassée . Luttait avec effort, et je croyais mourir;

Quand je te vis soudain paraître et resplendir, Reine des affligés, Vierge dont la pensée A descendre du ciel est toujours empressée Pour venir ici-bas consoler et guérir.

Saint Benoît t’escortait, et sainte Scholastique Brillait à tes côtés d’une splendeur mystique, Céleste vision qui vint ravir mes yeux!

Vierge qui m’as sauvé dans cette maladie,

En recevant ces vers que mon cœur te dédie,

Fais que plus belle encor je te revoie aux cieux!

Daté de Saul' Aima.

SONNKTS.

xun.

Kcrit en sortant <le prison (juillet I5K6)

L’arbrisseau, quand soudain sa racine est meurtrie, Bien que l’air lui soit doux, est bientôt desséché; Promesse du printemps, son fruit s’est détaché,

Et ne pourrait mûrir quand la sève est tarie.

Exilé comme lui de ma terre chérie,

Inutile rameau que la serpe a tranché,

Tige et feuillage, hélas! tout en moi s’est séché;

Ah ! quand refleurira ma couronne flétrie?

(lais rayons du soleil, oh! rayons bien-aimés,

Pure et sainte rosée, et vous, airs parfumés,

Ah! pourrez-vous jamais reverdir mon feuillage?

Et pourrai-je jamais donner aux voyageurs Des fruits, ou seulement le repos et l’ombrage Au front qui s’est courbé sous le poids des douleurs?

l.K TASSE.

Il pense à corriger «on poème et à faire la Jérusalem conquise; mais il doute de lui-mème et désespère de la gloire.

Les combats des héros dont j’ai dit la valeur Étaient vrais, mais ma muse a grandi leur stature Au delà du réel, comme plus d’un sculpteur Fait ses bustes souvent plus grands que la nature.

Puis je vis dans mon plan que je leur fais injure; La forme m’en déplut ainsi que la couleur ;

Et je veux le changer contre un autre meilleur; Le pourrai-je? ma main sera-t-elle assez sûre?

Malade et vieux, je vois que ma gloire a pâli; Demain mon triste nom tombera dans l’oubli;

Et cependant mon âme a des ailes encore,

Et souvent elle échappe à sa captivité,

Et voit, bien loin des champs de la réalité, l’n horizon plus pur, une plus belle aurore.

Pale de Naples.

SONNETS

Écrit au couvent du mont Cassin eu allant se faire couronner à Rome.

Port de cet océan que l’orage sillonne,

Asile de l’étude et des travaux pieux,

O silences amis, cloîtres mystérieux,

Où l’air est toujours calme et que l’ombre environne !

Église où l’on accourt, quand la cloche résonne,

Plus vite qu’aux palais des rois ambitieux,

Champs aimés du Seigneur, où le pain précieux,

Qui nourrit notre esprit, se sème et se moissonne!

C’est de vous qu’est sorti le gardien du bercail, L’illustre nautonier qui prit le gouvernail Et guide sur les Ilots la barque de saint Pierre.

Que <le rois, déposant leur force et leur orgueil,

Ont, en courbant le front, passé sur votre seuil Qui conduit, par la paix, aux palais de lumière !

LE TASSE

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