CHAPITRE VI
verra comment nous avons combattu les projets de Dumouricz, quand on verra que vous avez ratifié tous les arrêtés que nous avons pris, il ne restera plus aucun soupçon sur notre conduite.
Citoyens, ce n'est point assez de découvrir d'où viennent nos maux; il faut leur appliquer un remède immédiat. Vous avez, il est vrai, ordonné un recrutement, mais celle mesure est trop lente; je crois que l'Assemblée doit nommer un comité de la guerre, chargé de créer une armée improvisée. Les ennemis veulent se porter sur Paris; leur complice vous l'a dévoilé; je demande qu'il soit pris des mesures pour qu'un camp de cinquante mille hommes soit formé à vingt lieues de Paris ; ce camp fera échouer les projets de nos ennemis, et pourra au besoin servir a compléter les armées.
Je demande aussi que mes collègues dans la Belgique soient rappelés surle-champ.
Plusieurs membres. — Cela est fait.
Je demande enfin que le conseil exécutif rende un compte exact de nos opérations dans la Belgique : l'Assemblée acquerra les lumières qui lui sont nécessaires, et elle verra que nous avons toujours été en contradiction avec Dumouriez.
Si vos commissaires avaient fait enlever Dumouriez au moment où il était à la tête de son armée, on aurait rejelé sur eux la désorganisation de cette armée. Vos commissaires, quoique investis d'un grand pouvoir, n'ont rien pour assurer le succès de leurs opérations ; les soldats ne nous prennent en arrivant aux armées, que pour de simples secrétaires de commission; il aurait fallu que la Convention donnât à ceux qu'elle charge de promulguer ses lois à la tête des armées , une sorte de décoration moitié civile et moitié militaire.
Que pouvaient faire de plus vos commissaires, sinon de dire : il y a urgence il faut arracher promptement Dumouriez de la tète de son armée? Si nous avions voulu employer la force, elle nous eût manqué; car quel général, au moment où Dumouriez exécutait sa retraite, et lorsqu'il était entouré d'une armée qui lui était dévouée, eût voulu exécuter nos ordres ? Dumouriez était constamment jour et nuit à cheval, et jamais il n'y a eu deux lieues de retraite sans un combat : ainsi il nous était impossible de le faire arrêter. Nous avons fait notre devoir, et j'appelle sur ma tête toutes les dénonciations, sûr que ma tête, loin de tomber, sera la tête de Méduse qui fera trembler tous les aristocrates.
Lasouhce.— Ce n'est point une accusation formelle que je vais porter contre Danton ; mais ce sont des conjectures que je vais soumettre à l'Assemblée. Je ne sais point déguiser ce que je pense, ainsi je vais dire franchement l'idée que la conduite de Delacroix et de Danton a fait naître dans mon esprit.
Dumouriez a ourdi un plan de contre-révolution; l'a-t-il ourdi seul, oui ou non ?
Danton a dit qu'il n'avait pu, qu'il n'avait osé sévir contre Dumouriez, parce qu'au moment où il se battait aucun officier-général n'aurait voulu
DANTON (l79ô)
exécuter ses ordres. Je réponds à Danton qu'il est bien étonnant qu'il n'ait osé prendre aucune mesure contre Dumouriez, tandis qu'il nous a dit que l'armée était tellement républicaine, que, malgré la confiance qu'elle avait dans son général, si elle lisait dans un journal que Dumouriez a été décrété d'accusation, elle l'amènerait elle-même à la barre de l'Assemblée.
Danton vient de dire qu'il avait assuré le comité que la république n'avait rien à espérer de Dumouriez. J'observe à l'Assemblée que Danton a dit au comité que Dumouriez avait perdu la tète en politique, mais qu'il conservait tous ses talents militaires; alors Robespierre demanda que la conduite de Dumouriez fût examinée; Danton s'y opposa, et dit qu'il ne fallait prendre aucune mesure contre lui avant que la retraite de la Belgique fût entièrement effectuée Son opinion fut adoptée.
Voilà les faits, voici comme je raisonne.
Mai ré. — Je demande à dire un fait ; c'est qu'on a proposé d'envoy Gcnsonné, qui avait tout pouvoir sur Dumouriez, afin de traiter avec lui salut de la patrie.
Plusieurs membres. — C'est vrai.
Lasource. — Voici comme je raisonne. Je dis qu'il y avait un plan de formé pour rétablir la royauté, et que Dumouriez était à la tête de ce plan, fallait-il faire pour le faire réussir? Il fallait maintenir Dumouriez à la de son armée. Danton est venu à la tribune, et a fait le plus grand élogj Dumouriez. S'il y avait un plan de formé pour faire réussir les proje! Dumouriez, que fallait-il faire? 11 fallait se populariser. Qu'a fait Délai Delacroix en arrivant de la Belgique, a affecté un patriotisme exagéré jusqu'à ce moment il n'avait donné aucun exemple. (De violents mur font entendre.) El pour mieux dire, Delacroix se déclare Montagnard. L' fait jusqu'alors? Non. Il tonna contre les citoyens qui ont voté Tari peuple, et contre ceux qu'on désigne sous le nom d'hommes d'État. Lj fait jusqu'alors? Non.
Pour faire réussir la conspiration tramée par Dumouriez, il fallait la confiance populaire, il fallait tenir les deux extrémités du fil. reste dans la Belgique; Danton vient ici ; il y vient pour prendre des de sûreté générale; il assiste au comité, et il se tait...
Danton. — Cela est faux!
Plusieurs voix. — C'est faux.
Ensuite Danton, interpellé de rendre compte des motifs qui ï abandonner la Belgique, parle d'une manière insignifiante. Comme fait-il qu'après avoir rendu son compte, Danton resteà Paris ? Avfl^Bd
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sa démission? Non. Si son intention était de ne pas retourner <flH?Ui Belgique, il fallait qu'il le dit, afin que l'Assemblée le remplaçât; *'uHk le cas contraire, il devait y retourner.
Pour faire réussir la conspiration de Dumouriez, que fallait-il lait faire perdre à la Convention la confiance publique. Que Danton paraît à la tribune, et là il reproche à l'Assemblée d'èt
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de ses devoirs; il annonce une nouvelle insurrection; il dit que. le peuple