CHAPITRE PREMIER
Tous les biographes sont d'accord sur le lieu de la naissance de Danton. Il naquit, disent-ils, à Arcis-sur-Aube. Cependant on lit dans le Journal de la Montagne, au numéro 142 du deuxième volume : « Georges-Jacques -Danton , né à Orchiesur-Aube. » Nous devions dès lors nous assurer du fait; nous nous sommes adressé à M. Ludot, maire d'Areis, qui a eu robligeance de nous envoyer l'acte officiel qui suit.
MAIRIE d'àRCIS-SUR-AUBE.
Du registre des actes de l'état-civil de la ville d'Arcis pour l'année 1759, a été extrait ce qui suit :
Le vingt-six octobre mil sept cent cinquante-neuf, George-Jacques, fils de Jacques Danton, procureur en cette justice, et de Marie-Madeleine Camut, son épouse de cette paroisse, né et haptisé cejourd'huy, par raoy vicaire soussigné a eu pour parain George Camut, charpentier, et pour mareine Marie, fille de Charles Papillion, chirurgien juré, lesquelles ont signé avec nous :
Signé : Camut, Mari Papillion et Leflon, vie. Pour extrait conforme, à Arcis, le 6 août 1860.
ht ItiQXTt,
Ludot.
Dans les journaux de 1789 et 1790 on trouve quelquefois le nom de famille écrit ainsi : d'Anton, notamment dans le Moniteur et dans les Révolutions de Camille Desmoulins. Aucun autographe n'a pu nous prouver que Danton adhérât à petite prétention nobiliaire; nous devons ajouter aussi que nous n'avons trouvé aucune réclamation de sa part. Aussi le girondin Brissot, devenu l'ennemi du montagnard, écrivait-il plus tard: « Il sera plaisant de nous voir mis en jugement par le républicain Danton qui, il n'y a pas deux ans, se faisait appeler M. d'Anton. » Le républicain ne daigna pas répondre. (T. 1, chap. III, des Mémoires de Brissot.)
L'acte que nous avons cité ne laisse plus de doute à ce sujet.
Des détails précis sur la famille nous manquaient. M. Ludot a bien voulu nous mettre en rapport avec M. Menuel-Seurat, propriétaire à Arcis-sur-Aube, neveu du conventionnel. Celui-ci ne possédait aucune note spéciale, mais il nous assura que M. Michelet avait eu en main, lorsqu'il faisait son Histoire de la Révolution, des papiers de famille. Enfin M. Michelet nous adressa à M. Danton inspecteur-général de l'université, et celui-ci voulut bien nous confier le précieux dépôt. Les détails qui vont suivre en sont extraits:
Jacques Danton, procureur au bailliage d' Arcis-sur-Aube, avait épousé Marie-Madeleine Camut en 1754, et mourut le 24 février 1762, âgé d'environ 40 ans, laissant sa femme enceinte et quatre enfants en bas âge. Cette circonstance de la grossesse et le nombre de quatre enfants sont attestés par M. Béon, camarade d'école du conventionnel, dans une notice inédite ; mais ils ne sont pas confirmés par les deux fils du montagnard dans le Mémoire inédit qu'ils ont laissé sur leur père, mémoire dont nous parlerons plus tard. Selon toutes les probabilités, Georges Danton avait deux sœurs et un frère. La sœur aînée fut mariée à M. Menuel, l'autre mourut religieuse à Troyes, il y a quelques années; et le frère est sans doute le père de M. Danton aujourd'hui inspecteur de l'université. Nous ne savons quelles furent les suites de la grossesse de Marie-Madeleine Camut femme de Jacques Danton.
Marie : Madeleine Camut (les petits-fils l'appelle Jeanne-Made-