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CHAPITRE III

lire ces extraits, et surtout qu'il faut juger les hommes par l'ensemble de leurs actes plutôt que par tel mot d'un journal fait à la hâte.

M. Lacroix. — M. Danton vous a proposé hier trois grands moyens dont un seul seulement est exécutable et conforme aux principes. 11 vous a proposé que l'Assemblée nationale portât une loi qui autoriserait tout citoyen qui aurait quelque preuve de conspiration contre un autre citoyen, put, sans autre forme de procès, lui Ôter la vie.

M. Daubigny dit que M. Danton n'a fait que citer une loi romaine, sans vouloir la faire adopter.

M. Lacroix est rappelé à l'ordre pour avoir imputé à M. Danton une opinion qui n'était pas la sienne, et pour avoir proposé des mesures inconstitutionnelles. La société refuse d'entendre la suite de ce discours.

(Journal des débats de la société des amis de la Constitution, n* 214-215.)

Mais il ne suffisait pas d'insurger le peuple, il fallait mettre de l'ensemble dans la mesure, afin que la cour ne put pas s'y opposer. Fabre souleva la proposition, Danton en fit un ordre du jour. N'oublions pas que c'est toujours aux Jacobins que ces mesures sont prises.

Fabre d'Églantine propose, pour déjouer les manœuvres du pouvoir exécutif et des réactionnaires de l'Assemblée législative, qu'une masse imposante d'opinions renforce les patriotes de l'Assemblée, non pour dicter les décisions, mais pour les diriger. En conséquence il demande que M. le président (Hérault), mette aux voix, si les sections seront invitées à s'assembler.

Quelques membres s'élèvent contre cette proposition. M. Danton observe qu'elle n'est point inconstitutionnelle. Si nous n'allons pas, dit-il, dans nos sections, nous n'aurons rien fait. Car on ne manquera pas de dire que nous ne sommes ici qu'une poignée de factieux. C'est donc en grande masse, comme l'a dit un préopinant qu'il faut se présenter à l'Assemblée. Nous sommes bien société politique par le fait, mais non par le droit. Je demande qu'on invile les sections à s'assembler par un arrêté affiché.

M. Chabot. — Pour ne pas violer une loi mauvaise sans doute, mais rendue par la Constituante dans sa décrépitude, il ne faut pas faire afficher un arrêté, mais seulement une invitation. Je demande que M. Danton se réduise à ce point.

M. Danton. — C est ce que j'ai voulu dire.

L'invitation aux citoyens pour demander l'assemblée des sections est arrêtée.

(Journal des débats de la société des amis de la Constitution, n* 217.)

Nous venons devoir quelles mesures proposait Danton contre

l'invasion et contre Marie-Antoinette, voyons quelles sont celles qu'il va prescrire contre Lafayette.

Ce général qui savait où était le véritable danger, ne s'en était point caché à l'Assemblée à laquelle il avait adressé sa fameuse lettre datée de Maubeuge 16 juin ; il y disait :

Que le règne des clubs anéantis par vous fasse place au règne de la loi ; leurs usurpations à l'exercice ferme et indépendant des autorités constituées; leurs maximes désorganisatrices, aux vrais principes de la liberté; leur fureur délirante, au courage calme et constant... (Moniteur du 20 juin 92.)

On juge de l'effet que dut produire une telle lettre de la part d'un général qui venait de soutenir les premières attaques des ennemis; était-ce un ordre? une menace délaisser les coalisés s'avancer jusque dans la capitale, dans le cas où l'on ne suivrait pas ses instructions?

Le soulèvement qu'elle causa et dans l'Assemblée et dans le public, peut se juger par l'allocution d'Isnard à la législature et le discours de Danton aux Jacobins.

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