‹ DantonChapitre 54 sur 208 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qui enchaînât l'athlète, et bâillonnât le tribun. Au reste, Danton répondra à Saint-Just devant le tribunal révolutionnaire, et nul n'osera contredire.

En résumé nous dirons : dans l'affaire du 10 août, Danton parut d'abord aux Cordeliers comme l'atteste le rapport de Saint-Just, puis il alla à la Commune où l'appelait sa fonction de substitut; que dans chacune de ces assemblées il ait donné d'utiles conseils, qui peut en douter? Toutefois nous croyons ne rien exagérer en restant dans cette donnée, si simple, si vraisemblable, prise dans la nature de l'homme, et confirmée par le Moniteur (séance du 12 août 92), et contresignée par les trois extraits suivants :

Des officiers municipaux annoncent à l'Assemblée législative qu'il venait de se former à la maison commune une nouvelle administration provisoire; le peuple assemblé dans ses sections, avait nommé des commissaires qui s'étaient constitués, en vertu de leur pouvoir, conseil-général de la Commune. La municipalité avait été suspendue pendant la durée de cette autorité révolutionnaire ; MM. Pélion, Manuel et Danton avalent été seuls exceptés. (Le Patriote français, n* 109.)

La nouvelle Commune s'avance dans l'Assemblée nationale accompagnée de trois bannières portant ces mots : Patrie, Liberté, Égalité. Sa courte harangue est celle d'un despote aux volontés de qui il n'est pas permis de résister : « Prononcez la déchéance du roi ; demain nous vous apporterons les procès-verbaux de cette mémorable journée. Pétion, Manuel et Danton sont toujours nos collègues ; Santerre est à la tête de la force armée. » (Les deux amis de la liberté.)

Lafayette aussi confirme la présence de Danton à la Commune. Le fait qu'il raconte, fort important pour sa vanité est puérile pour l'histoire ; mais il constate que le substitut est à son poste, nous devions insérer l'extrait.

Le buste du général, donné en 1781 par l'État de Virginie à la ville de Paris et placé dans la salle de l'hôtel-de-ville, fut réduit en poudre le 10 août, et la médaille, votée par la ville à l'effigie de Lafayette, fut brisée par le bourreau, sur le réquisitoire et en présence de Danton. [Mémoires de Lafayette, tom. I, p. 260.)

Le réduit en poudre est superbe d'importence ; Dieu n'était plus irrité contre Gomorrhe. Ridiculus mus!

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