‹ Danton émigré;Chapitre 22 sur 31 · DÉPUTATION · texte numérisé non relu

DÉPUTATION

des Patriotes bataves (hollandais) à la Convention nationale,

séance du 5 février 1793.

(Moniteur, no 38, 7 février 1793.)

« Législateurs,

« Les patriotes bataves peuvent donc enfln espérer de voir bientôt la Liberté, depuis si longtemps opprimée, revivre dans leur patrie 1

« Le décret, digne de vous, rendu dans la mémorable séance du l eT février, va décider à jamais du sort de l'Europe : c'est un combat à mort contre les despotes; il fixera votre place au premier rang des bienfaiteurs de l'Humanité.

« Représentants du peuple français,

• Nous venons, au nom de nos concitoyens, applaudir, adhérer et concourir, autant qu'il est en nous, à la grande mesure qu'une sublime énergie vous a dictée.

« Non, vous ne vous trompez pas en séparant la cause des peuples d'avec celle des tyrans qui les oppriment. Votre décret a déclaré la guerre au stathouder, c'est-à-dire à celui qui, de tout temps, s'est montré contraire aux intérêts de la nation française; qui, dans la guerre d'Amérique, a mis en jeu toutes les intrigues pour faire échouer les vues généreuses de la France; qui a rendu inutile l'alliance conclue entre elle et notre République ; enfln, qui n'a épargné aucun moyen de montrer sa haine contre les Français depuis le moment où ils ont recouvré leur liberté. C'est avec justice que votre décret établit cette distinction entre Guillaume de Nassau, ses adhérents, et la saine partie de la nation batave, amie de la Liberté et de l'Égalité, parmi laquelle nous nous faisons gloire de nous compter. Cette distinction équitable fait l'essence même de votre décret; elle est pour nous le gage non seulement de notre confiance, mais aussi de notre gratitude nationale.

« Législateurs,

« Depuis cinq ans que nous souplxona a$tfe& <&\. \&nssh3*tû&t

ment; repoussés depuis si longtemps par tous les genres d'aristocratie, l'heure est eniin arrivée où nous pouvons nous montrer dignes de suivre vos traces, où nous pouvons espérer qu'aucune intrigue de nos ennemis ne pourra prévaloir contre la volonté nationale. Encore quelques jours, et le soleil luira sur un peuple libre de plus! Encore quelques semaines, et les bouches du Rhin seront libres comme celles du Rhône!

« Citoyens Représentants,

« Le despotisme est abattu en France ; dans les autres contrées, sa chute se prépare : les peuples indignés s'élèvent de toutes parts contre ces dominateurs insolents qui avaient su se partager la terre. C'est à vous, c'est aux Français qu'est dû le grand exemple qui affranchit les hommes.

« Parlerions-nous, Législateurs, des avantages que la délivrance de notre patrie, rendue à son indépendance nationale, va procurer à votre cause, je me trompe, à la cause générale des peuples? Nos flottes, notre numéraire, nos magasins, nos soldats, nos matelots, voilà de quoi assurer, par la suite, vos succès; voilà de quoi porter le désespoir au sein de ce ministère britannique, odieux, insultant, qui vous joue et qui nous asservit depuis tant d'années, mais qui doit frémir, aujourd'hui, aux approches de sa chute inévitable.

« Parlerions-nous de nos principes ?

« Citoyens Législateurs,

« Il ne peut plus exister de division, de séparation à cet égard. La Liberté, l'Égalité, voilà les divinités que la raison offre aux humains ; ce sont les vôtres, ce sont les nôtres, ce seront bientôt celles du monde entier.

a Législateurs,

« Si quelques nuances ont paru diviser les patriotes de notre pays, si quelque diversité de sentiments a pu être aperçue parmi eux, tout est évanoui, tous ces nuages sont dissipés.

« La grande mesure que vous avez décrétée (la déclaration de guerre à l'Angleterre et au stathouder de Hollande), l'intérêt commun et sacré de la patrie, les vastes lumières qui, depuis le glorieux événement du 10 août, éclairent la face de l'Europe, ont réuni parmi nous tous les esprits. Il n'est plus qu'un seul objet, qu'un seul sentiment, qu'un seul cri : c'est la chute du despotisme, c'est le triomphe de la sainte Égalité. Nous protestons ici avec vous que le bonheur des hommes tient à ces principes irréfragables, que tout doit disparaître devant cette éternelle vérités Nous rejetons de notre sein, nous prononçons anathème contre tout ce qui pourrait désormais s'en écarter; et les Bataves régénérés, se glorifiant de àfcacftudifc <&& Gweux du xvi« siècle, se

montreront dignes de marcher sous la bannière des Droits de. l'Homme, avec les Sans-Culottes de Valmy et de Jemmapes (i). » Cette adresse était signée des noms suivants : Vansaphorst, le colonel Matka, Dumont-Pi galle, Ducange, Boclimulder, Valchenœr, Vankooteh, Capellen, Bœtzlœr, Gaujac, Slingerland.

PÉTITION

lue à la Convention nationale, dans sa séance du 22 janvier 1793,

par le citoyen Delneuf,

délégué de la province de Hainaut (Belgique),

pour demander sa réunion à la République française.

(Moniteur, no 26, janvier 1793.)

« Citoyens Représentants d'un peuple généreux, quand vous offrîtes la liberté aux Belges, vous leur promites de l'affermir sur des bases inébranlables. Forts de votre puissante protection, nous avons brisé nos chaînes ; mais nous avons pensé que les Belges isolés et réduits à leurs propres forces ne pourraient jamais* se maintenir libres contre les efforts des despotes conjurés, et que bientôt la haine des tyrans parviendrait à nous replonger dans l'esclavage. Nous vous adressons nos vœux unanimes. Quelles que soient les manœuvres des intrigants, gardezvous de les écouter; ils ne sont point investis de la confiance nationale. Nous avons député vers vous le citoyen Delneuf ; lui seul est chargé de vous présenter les intentions amicales et fraternelles des habitants du Hainaut. Agréez nos offres : déclarez que nous formons désormais un quatre-vingt-cinquième département.

« Fait à Mons, ville libre, le 13 janvier 4793. »

(Suivent les signatures.)

(1) Le président de la Convention, le Girondin Rabaut-Saint- Etienne, répondit chaleureusement à la députation des patriotes bataves, et renouvela, entre autres, l'engagement pris par l'Assemblée le 19 novembre 1792 :

«t Elle maintiendra la promesse qu'elle a faite de soutenir les peuples qui adoptent les mômes principes (que ceux, da \a. C&w~ Yention). »

No 15.

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