DEMANDE
^annexion de la Flandre orientale (Belgique) présentée à la Convention nationale.
(Moniteur, no 37, 6 février 1793.)
« Législateurs,
« Les Amis de la Liberté et de f Égalité (Jacobins) ont depuis longtemps désiré que la Flandre orientale fût réunie à la République régénératrice de l'Univers : leurs vœux vous ont été transmis, mais les intrigues de nos ennemis les ont rendus vains.
« Citoyens Législateurs, ces ennemis, nous vous les avons dénoncés, c'étaient des députés à la Convention provinciale de Flandre.
« Cette députation n'est plus, et au moment de son anéantissement, le peuple a prononcé spontanément.
« Nous vous transmettons son vœu sincère, vœu que nous osons vous garantir être celui de la généralité.
« Nous sommes très fraternellement,
« Signé : Meyer, président, et Vantesaine, commissaire. »
« Des citoyens de Gand (capitale de la Flandre orientale) aux Représentants du plus grand, du plus magnanime des peuples :
« A peine avons-nous ouvert les yeux à la véritable Liberté, que des intrigants, des vivant d'abus, se sont glissés parmi nous pour nous égarer, nous enchaîner dans un despotisme, dans la vénalité des offices, l'hérédité des privilèges, et nous rendre tributaires de leurs fortunes particulières. Craignant de nous voir arriver trop tôt à notre régénération ; craignant de nous voir devenir les enfants de la France, notre libératrice, notre appui, ils ont prolongé l'anarchie dans laquelle ils nous traînent... Mais nous voulons la faire cesser, nous voulons terminer ces oscillations politiques qui nous tourmentent et qui nous blessent Nous voulons être Français î c'est-à-dire dignes de la Liberté. Ce titre fait notre gloire.
« Accordez-nous, augustes Représentants, que la Flandre devienne un de vos départements... et vous aurez obéi à la Providence, qui a voulu que la France soit la mère des peuples libres. Nous allons signer ce vœu, qui sera bientôt celui du plus grand nombre des citoyens.
« Nous y ajoutons nos hommages respectueux. »
PÉTITION
des 120 communes de la République rauracique (Porontru), à la Convention nationale, séance du 5 février 1793 (1).
( Moniteur , no 38, 7 février 1793.)
Des députés des communes de la Rauracie sont introduits dans la salle.
L'un d'eux portant la parole :
« Citoyens Représentants de la République française,
« Vous voyez devant vous les députés de cent vingt communes de la Rauracie, réunis à Porenlru, en exécution de votre décret du 17 décembre dernier, pour former l'administration provisoire.
« Députés du peuple libre qui nous envoie, nous venons en son nom remercier la nation française de l'appui généreux qu'elle a bien voulu nous prêter. Oui, sans elle, nous gémirions encore sous le joug honteux du despote qui nous opprimait; sans
(1) Porenlru ou Porentruy, ville suisse du canton de Berne, était, avant 1789,1a résidence du prince-évêque de Bâle.
Vers la fin de 1792, ses habitants se rendirent indépendants, avec le territoire qui en relevait, et se constituèrent en République.
En souvenir de leur ancien nom germain : Rauract, les Rauraces, qui occupaient une partie du Sundgau et du canton de Bâle, donnèrent à leur confédération le titre de République rauracique.
C'est sur leur demande que Porentruy et son territoire furent réunis & la France en 1791, et formèrent le département du Mont* Terrible (du nom d'une montagne située daus tewe t&^Va&Y
elle, la Liberté, bannie de nos montagnes, n'aurait jamais éclairé de ses rayons bienfaisants le sol ingrat que nous habitons.
« Mais grâces soient rendues au génie révolutionnaire français ; à son aspect, notre tyran a lui ; ses vils agents, écrasés sous les efforts d'un peuple nouveau-né à la liberté, sont rentrés dans la poussière.
« Cependant, Législateurs, l'intrigue n'est pas entièrement anéantie. Des créatures du prince fugitif cherchent à égarer le peuple par des insinuations perfides et à le tromper sur ses véritables intérêts. Les vexations inouïes dont les patriotes ont été les victimes ne les garantissent pas encore d'un système combiné de persécutions nouvelles. Trois de ces individus, sans mission et sans caractère, sont venus à la barre de cette Assemblée calomnier les plus zélés partisans de la Révolution. Le tableau infidèle qu'ils vous ont tracé de la disposition des esprits a pu un instant séduire votre confiance; mais la vérité est une, il suffira de vous la dire pour vous convaincre. Nous vous demandons à rétablir auprès de votre comité Diplomatique les faits erronés avancés par ces soit-disant députés des Sociétés populaires de la Rauracie.
« Quant à nous, Législateurs, mandataires élus par nos concitoyens, nous allons nous hâter de vous manifester leur vœu; il sera digne de la République française : Libres par la protection de ses armes, les Rauraces s'uniront bientôt, sans doute, à ses glorieuses destinées, et, de concert avec elle, combattront et vaincront pour la Liberté universelle.
No 47.