SCÈNE II
(Rue dans le voisinage de THôtel de Ville. Deux gardes nationaux armés entrent).
Premier garde national. — Quoi f dans la calèche verte, escortée d'hommes en armes .?
Second. — Oui, dans celle-là même, et pas dans une autre.
Premier. — Morbleu ! C'est donc pour cela que le tocsin sonne à THôtel de Ville ? Moi, j'étais sur une chaise, tout savonné pour me faire raser, quand retentit le premier signal d'alarme ; mon barbier, d'effroi, me coupe la moitié du bout du nez. — On a beau dire, il faut obéir au signal, et, en brave garde
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national, prendre son fusil sur Tépaule, quoique ma femme voulait
Second. — Venez vite, camarade ! Henriot ne badine pas [Tous deux sortent, — Les deux rojyalistes paraissent).
Premier royaliste. — Holà ! les sections de la garde nationale prennent les armes —
Second royaliste. — La garde nationale I Compère le tailleur et compère le gantier ! ils ont posé le bonnet de Jacobin sur leur bon vieux bonnet de coton à houpette !
{Des sans-culottes s'avancent en hâte^ et parmi euœ celui du i«f acte).
Premier sans-culotte {celui qtCon connatt), — Mille millions de tonnerres ! vous avez laissé passer la calèche ? — Sur pied, peuple de Paris ! {Une grande foule accourt).
Un second sans-culotte. — La cloche de l'Hôtel de Ville sonne le tocsin !
Un troisième. — Henriot se tient debout là avec ses adjudants depuis le grand matin —
Un quatrième. — Non, il est couché — et derrière; la table — je l'ai vu -moi-même.
Le précédent. — Tu n^as rien vu. Un individu étant venu de la Convention apporter les maudites nouvelles, il se traîna dehors, tira son épée, tempêtant et blasphémant, demanda en criant son cheval, y monta, et — hui 1 — le voilà ! {Regardant la scène ^ d'où Ton perçoit un roulement de tambours). Assez mal affermi en selle, mais terrible comme la foudre.
Henriot (/>^55j«/ i cheval^ avec une suite de sansculottes), — Qu'il se joigne à nous, celui qui n'est pas un lâche ! Mille tonnerres ! Maudite espèce, qu'attendez-vous là bouche béante f Joignez-vous à nous,