SCÈNE IL
Danton et Robespierre {s* avancent^ Robespierre dans un- costume et une coiffure simples^ inais prétentieusement soigncsy Danton dans un habit plus somptueux et pourtant m'^Iige'^ avec une immense cravate qui lui pend sur ta poitrine).
La foule. — Vive Danton ! vive Robespierre 1 Xy^fiio^ {soulevant son chapeau et faisant signe â la foule de la tcie^ avec jovial iie). — Bonjour, sans- culottes j
Que signifie cette foule ? Qu'y a-t-il ? Une fête
Des jeunes filles vêtues de blanc, de beaux discou
De la musique ? Morbleu ! N'y a-t-il donc plus
De Bastille à assaillir ? plus de marche
A faire sur Versailles ? Mille tonnerres !
Les temps sont changés ! Vous souvenez-vous encore,
Quand autour de nous pour la première fois
Se déchaîna la fureur de la guerre, et que vous clouiez
Vos oreilles sur le sol, pour écouter
Si déjà on n'entendait pas le roulement du canon,
Messager des troupes qui se précipitaient
Vers Paris — et comme beaucoup alors
Croyaient entendre réellement un lointain bruit sourd,
Et tressaillaient, jusqu'à ce qu'un voisin leur dît ;
« Soyez tranquilles ! — C'est Danton, qui en ce moment tonne
Au club des Cordeliers ! »
La foule {enthousiasmée), — Vive Danton ! Ça ira Ça ira !
Danton {en riant, à Robespierre quil tire de côte), — Tu vois ces imbéciles ! Déjà tout feu et flamme. [Apercevant Lambertine), Que vois-jef {Lui prenant familièrement le menton). De retour à Paris, ma belle enfant ? Et si parée i [Passant en revue ses compagnes). Morbleu ! Que de charmantes républicaines ! — Des pistolets à la ceinture ?
Lambertine. — D'ardentes patriotes, citoyen Danton !
Danton. — Des enfants. Mesdames, des enfants, si vous voulez vous montrer vraiment patriotes ; — de petits républicains ; — des garçons sains et forts I — Voilà ce qu'il faut maintenant à la République, mes chères dames et demoiselles !
Lambertine {faisant une révérence), — Ce n'est pas seulement notre afl'aire, citoyen Danton!