‹ Danton & RobespierreChapitre 42 sur 117 · ACTE II, SCÈNE V. IO · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V. IO

■ SCÈNE V (Les personnes annoncijes eatrent,)

Danton [allant à leur rencontre), — Soyez les bîeavenus, amisi Voilà ce que j'appelle arriver à propos, Vous me venez en aide. (// 5^£^£ï/f^ la main de chacun). Sois le bienvenu, Camille! Q^ue fait ta petite femme }{A Fabre). Yixent les beaux-arts et les sciences! Sois le bienvenu, Fabre ! — Bonjour, Hérault et Lacroix ! {U serre amicalement la main au dernier),

Camille. — Je t'amène Carrit;r, le patriote, la terreur de Nantes, mais parmi de bons amis un joyeux compagnon.

Danton. ^ Une vieille connaissance ! (// luiscrrs la main). Vous êtes tous les bienvenus. Vous venez en aide, comme je vous Tai dit, à votre ami, (// puonire Robespierre ; légères salutations],

Camille (saisit avec une grande c/ialejtr la main de Robespierre). — Danton et Robespierre ensemble 't Mon cœur déborde de joie. Deux héros également indispensables à la République ! Danton, le Diomède de la Révolution, son puissant héraut d'armes^ et Robespierre, son Ulysse I II y a un léger nuage sur ton front, Robespierre ? De nouveau désunis? Vous qui autrefois formiez presque une seule âme, un seul corps !

Danton. — Oui, il y eut un temps où nous ne faisions qu'un corps, et où nous vivions en aussi bonne intelligence que la tête et la queue d'un serpent. Mais maintenant il en est de nous comme de certain animal rampant dont les deux moitiés, si on les sépare, vont droit Tune à l'autre et se combattent.

Camille. — Vous croîtrez de nouveau ensemble, et cela aujourd'hui même. Nous voulons être votre ciment. Kn route nous avons rencontré Saint- Just, et en apprenant de lui que Robespierre était chez Danton, nous l'invitâmes aussi à y venir; on doit saisir aux cheveux Toccasion d*une réconciliation et d'un accord parfait entre les meilleurs hommes de France. Il cria : « Etes-vous invités chez Danton .j' alors il faut que Robespierre ait aussi ses seconds. J'irai et j'amènerai avec moi Couthon, dussé-je mémey faire porter le vieux goutteux ».

Danton, — Très bien. Puisque le vieux coquin se fait à la Convention traîner à la tribune, pourquoi pas aussi à la maison de Dauton ? Vous déjeunez avec moij amis? J'ai la gorge sèche. Robespierre, tu vois, on ne songe pas à te laisser partir — rends-toi I {La cloison dtifond de V appartement s* ouvre ; on voit une table sur laquelle est servi un riche déjeuner Xes convives se placent a table d'après Vindication dé Danton^ qui montre à Robespierre une place à son côté, Robespierre dit : « Un mot à Carrier I », et il s'assied près de celui-ci. La table est placée en longueur vers le fond du théâtre, A r extrémité supérieure y la plus éloignée du spectateur^ se tient Danton. Au bout opposé^ se rapprochant lu plus du public et lui montrant son profil de gauche, s'assied Robespierre près de Carrier),

Danton {pendant qu'on remplit les verres), — Amis, vous viderez aujourd'hui avec moi un verre à la santé d'une enfant de seize ans, d'une aimable et charmante enfantj à la santé de Louise Gély, avec laquelle votre ami se marie demain dans l'église de Sèvres !

Lï^s AMIS [étonnés), — Danton époux !

Camille, — Est-ce ainsi que l'on surprend ses plus intimes amis ? Vive Louise Gély ! {Tous crient ensemble et vident leurs verres).

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