SCÈNE IV
DARIUS, BESSUS, BARZANÈS, etc.
Ne songeons maintenant qu'aux destins de l'armée ,
Que l'aspect du danger a déjà ranimée.
J'ai su faire aplanir ces coteaux dangereui:
Qui pouvait arrêter nos coursiers généreux.
Leurs nombreux escadi-ons enfantés pour la guerre,
Porteront sui leurs flancs les destins de la terre :
Un champ libre pour eux manquait seul à Xercès j
Mille fois les Persans leur ont dû leurs succès ;
Ils volent aux combats , décident la victoire ,
Et semblent comme nous être avides de gloire.
Quel empire plus vaste a jamais existé?
Autrefois dans l'Europe il était respecté :
Oui, ces Grecs, aujourd'hui la terreur de l'Asie,
Frémissaient sous Xercès pour leur triste patrie.
Cent peuples, de l'aui'ore asseniLlés à ma voix.
Sont venus avec vous pour défendi'e lem-s rois;
Et le Scyllie sauvage et le Parthe invincible.
Tout semblait me promettre un triomphe infaillible ;
Cependant le destin a trompé mon espoir.
Et ce jour va détruire ou fixer mon pouvoir.
Oui , Persans ! nous avons combattu jjour la gloire ;
Aujourd'hui notre sort dépend de la victoire.
Orsines ! noble sang de l'illustre Cvrus ,
Fais briller à nos yeux ses sublimes vertus.
Vous, Bessus ! Patronès 1 c'est sur votre vaillance
Que je fonde surtout ma plus ferme espérance.
JNos femmes, nos enfans , doux objets de l'amour.
Si les Grecs sont vainqueurs, vont périr dans ce jour;
Le trépas les atteud ou du moins l'esclavage.
Alexandre est un tigre altéré de carnage ,
Et la flamme, et le sang, et le fer, et les feux.
Ce sont là les plaisirs que demandent ses yeux.
Lunivei's incertain aujourd'hui vous contemple ;
Venez tous , mes amis , et suivez mon exemple.
Si la palme de gloire a fléchi sur nos fronts ,
II suffit d'un instant pour venger nos affronts.