‹ Darius; tragédie en 5 actes et en versChapitre 21 sur 69 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BESSUS, BARZANES.

O superbe langage !

Tu changes le monarque et non point l'esclavage ; Et j'ai honte pour eux, quand je vois les mortels Immoler leurs tyrans à d'autres plus cruels , Et répandre leur sang . . .

BARZANÈS.

Quoi , Bessus ! des scrupules !

Est-ce à toi d'affecter ces craintes ridicules ? Laissons aux vils humains leur bandeau sur les yeux : Le devoir , la vertu , la liberté , les Dieux , Ce sont là les grands mots qui gouvernent la terre , Qui renversent les lois et commandent la guerre. L'intérêt, la terreur, l'ambition, l'amour, Ce sont là nos vrais Dieux et surtout ceux du jour.

BESSUS.

J'ai suivi dès long-tems ces utiles maximes ; Le succès les couronne et les rend légitimes ; L'amour, l'ambition se partagent mon cœur. Tu m'as promis ce jour de servir mon ardeur ;

Aussitôt le roi mort, qu'on enlève la reine : Digne enfin de ses vœux, ou l'objet de sa haine, Mon amom-, Barzanès, a besoin de ce prix. Et je serai du moins vengé de ses mépris !

BARZANÈS.

Ne lardons plus, Bessus! nos Bactriens fidèles Nous attendent déjà dans la plaine d'Arbelles. Si l'on voit sur leur front une feinte terreur , Ils pourront bien un jour abaisser leur vainqueur.

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