‹ Darius; tragédie en 5 actes et en versChapitre 25 sur 69 · ACTE m, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I

Il est du sang d'Achille el le prend pour modèle;

Mais son ame insensible est encor plus cruelle.

Inlortuné Bcetis ! que je plains les tourmens !

Tu n'as point démenti tes nobles senlimens.

Le vainqueur irrité te reproclie ce crime.

Il fait hors de son char suspendre sa victime :

Là, les pieds transpercés par d'horribles liens,

Il te traîne mourant en présence des siens ,

Et montrant en tous lieux cette affreuse merveille ,

Il voudrait de tes cris réjouir son oreille.

ZÉNAÏS.

Juste ciel !

ROXANE

C'est le sort qui nous est préparé, Oui , du sang de mou père il se sent altéré. Il a juré sa mort, il l'attaque , il le brave , Moi-même en son pouvoir je serais son esclave, Et le tigre déjà se repaît de nos pleui's. Tu vois tous mes forfaits, tu vois tous mes malheurs. Voilà l'objet enfin que je hais et tpie j'aime.

ZENAÏS.

Roxane 1 je vous plains et je frémis moi-même.

Oubliez un cruel digne de vos mépris.

Et qui de ses forfaits va recevoir le prix.

Oui , madame , apprenez que sa rage insolente ,

N'oppose à nos guerriers qu'une force impuissante.

Alexandre se perd, il ne peut échapper,

Et déjà les Persans ont dû l'envelopper.

Bientôt , n'en doutez pas , ce prince sanguinaire

Expiera par sa mort son projet téméraire.

ROXANE

Je ne sais , Zéuaïs ! mais je tremble toujours j On flirait que les Dieux lui prêtent leurs secours ; Il clierche les dangers , et sou heureuse audace A toujours triomphé. Depuis qu'il nous menace. Le barbare deux fois a refusé la pais ; Si je l'aimais alors, grands Dieux ! que je le hais. Oui je sens que ce bras , ce bras faible et timide Trouvei'ait contre lui le courage d'Alcide : Je déteste mon sexe , et je me plains au sort Qui me i-efuse un fer pour lui doimer la mort. Je voudrais lui montrer sa fatale ennemie , Venger nos lois , nos Dieux , mon père et ma patrie ; Lui plonger mille fois mou glaive dans le cœur, Contempler dans son sang cet objet de terreur. Et mourante à ses pieds , perdant tout ce que j'aime , Le venger à son tour et me frapper moi-même.

Z EN AÏS.

Ah , Madame ! calmez ces transports superflus. Au lieu d'armes , le ciel vous donna des vertus ; Oubliez, méprisez cet objet de courroux, Cet effort est sublime , il est digjie de vous. Mais je vois votre mère.

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