‹ Darius; tragédie en 5 actes et en versChapitre 26 sur 69 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

STATIRA, ROXANE, ZÉNAIS.

STATIR A.

O fortune cruelle !

Veux-tu donc te jouer d'une faible mortelle ? Ne m'as-tu si long-tems prodigué tes faveurs Que pour mieux m'accabler sous le poids des malheurs ? N'affectons plus, ma ûUe, un superLe langage, S'il convient aux vertus, il ne sied qu'au courage ; Je l'ai perdu, Roxane ! et quelque soit mon rang, Je ne puis sans horreur voir répandre le sang. Des rives de l'Euplirate aux confins de l'Asie Cent peuples réunis défendent leur patrie ; Une armée innombrable est aux pieds des remparti Et des Grecs rassemblés brave les étendards ; Cependant, si j'en crois la douleur qui m'accable. L'ennemi qu'on méprise est toujours redoutable ; L'excès de mes tourmens n'a point lassé le sort ., Et je souffre des maux 2'bis affreux que la mort. Jure-moi, si le ciel termine ma carrière, A m.on fils bien-aimé de tenir lieu de mère , De faire respecter le fils de Darius , D'élever son enfance aux plus nobles vertus , Dans les fers, sur le trône, (un moment en décide), D'être toujours sa sœur , son amie et son guide ; Et si le sort un jour le place au l'ang des rois^ Dis-lui pour commander de faire aimer ses lois.

io DARIUS.

Retrace-lui souvent les vertus de son père , Puisse-t-il oublier les malheurs de sa mère !

ROXANE

O ma mère ! pourquoi demander des sermens?

J'ai puisé dans ton sang de nobles sentimens ,

Et toujours.... mais que veut ce guerrier qui s'avance :

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