ACTE m, SCÈNE V
Cependant vous savez combien je vous aimais , Eh bien, je vous adore encoi" plus que jamais : Votre rang, mon devoir, vos vertus, l'amour même. Tout m'imposa long-tems une contrainte extrême ; Mais enfin le destin a brisé ces beaux nœuds Qui devaient pour toujours me rendr»' malheureux. Oui , je puis vous oflrir l'orgueil d'une couronne , Et je l'aurai bientôt si la valeur la donne. L'immense Bactriane obéit à ma loi , Je pourrai, dès ce jour, être proclamé roi. Bientôt, n'en doutez pas , prenant votre vengeance, Je saurai d'Alexandre abaisser l'arrogance , Revenir dans ces lieux, et par mille combats Vous rendre votre époux ou du moins vos états... Par ce silence affreux voulez-vous me confondre :'
STATIRA
Je me respecte trop pour daigner te répondre. Va, cruel ! va servir le roi que tu trahis , Appelle tes soldats , rassemble tes amis : Si tu veux m'obéir , va combattre Alexandre ■ Pourrais-tu me venger , tu ne sais me défendre !
BESSUS.
Les soldats dispersés...
STATIRA
Va, dis-je, apporte-moi La tête d'Alexandre... alors... je suis à toi.
BESSUS.
Grands Dieux, il se pourrait ! Mais non, par cette fei: te Vous voulez m'éloigner de vous,
S T AT IRA
Nou, sois sans crainte...
Eh bien ! Que tardes-tu ?
BESSUS.
IMadame ! II n'est plus tems , Il faut partir.
STATIRA- Pourquoi ?
BESSUS.
Le péril,..
STATIRA
Je l'attends.
BESSUS.
Le vainqueur...
STATIRA
Tu le crains ?
BESSUS.
Suivez-moi , je l'ordonne
( Stalira h regarde at-ec mépris ).
BESSUS /a menaçant.
Tremblez !
STATIRA Moi !
BESSUS.
Vous , Madame , ou ce fer. . .