SCÈNE III
Les Précédens, DARIUS, STATIRA.
STATIRA
Je ne puis expliquer mes cruelles alarmes ; Mais, seigneur! croyez-moi, le soutien de l'état, Bessus, qui vous doit tout, est peut-êti-e un ingrat.
Je prévois les forfaits dont son cœur est capable ; Mais telle est de mon sort la rigueur déplorable : Le pouvoir de Bessus le place au rang des rois; Cent mille Bactriens sont soumis à ses lois ; Dévoués à ses jours, empressés à lui plaire : Satrape redoutable ou funeste adversaire , Je ne puis à la Perse enlever cet appui, Ou mon trône aussitôt tomberait avec lui. Je le crois en secret l'ennemi d'Alexandre , Et loin de nous trahir il pourra nous défendre. Si la pais cependant affermit mon pouvoir, Je saurai sans danger renverser son espoir; Mais Pharzès que je vois va fixer notre attente.
ROXANE
Ciel ! Pharzès! je frémis et mon ame flottante.. . . Zénaïs, soutiens-moi.
STATIRA
Eh bien Pharzès... t;rands Dieux !
6o DARIUS,