B ES SUS
Il est vrai que jamais on ne se vengea mieus , Kous souffrons justement la colère des dieux ; Mais celui «jue tu sei-s défend-il la clémence?
ALEXANDRE
L'intérêt de l'état me prescrit la a engeance.
BESSUS.
Va, je connais ton cœur et son avidité, Au défaut de nos torts , il eu eût inventé , Et ton ambition , ta rage sanguinaire , N'ont choisi qu'un prétexte en désolant la tei-re. Va, poursuis l'affreux cours de tes nobles travaux; Sois un dieu , si tu veux, un monarque, un héros; Mais, parmi tous tes da'oits, en prônant ta victoii-e, Songe que notre sang est ton tilr£ de gloire.
ALEXANDRE
Oui, Bessus ! mais c'est peu ; c'est le lien qu'il me faut ; Je veux le voir couler au pied d'un échafaud. Je ne sais si je suis ton monai'que ou ton maître ; Tu connaîtras du moins que je déteste un traître. Oui , les rois sont sacrés , ainsi que la vertu , Jamais leur noble sang n'est envain répandu ^ Et si par fois le ciel lés livre à des perfides , Sa terrible équité punit les parricides. Qu'on entraîne Bessus...
BESSUS.
Va , je pui-s te braver, Au milieu des tourmens tu pourras méprouver.