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parasite lui-même! pour se convaincre qu'il n’en est pas toujours ainsi. Les infiniment petits, les bactéries quoique. étant des individus essentiellement rudimentaires, sont cependant des ennemis des plus redoutables pour les espèces perfectionnées. D'autre part, on à observé en paléontologie, que des espèces qui semblaient les plus parfaites dans leur genre sont souvent disparues sans que l’on puisse en connaitre la cause, quelquefois très promptement et sans laisser aucune trace, alors que d’autres espèces inférieures survivaient. Aussi en a-t-on conclu que le progrès n’a pu se pro-
duire qu'irrégulièrement”*.
1. « Le parasitisme ne nuit pas seulement à la victime, il nuit au parasite lui-même, sinon immédiatement, du moins par accumulation dans l’espèce.. La vie de relations étant suspendue chez eux puisqu'ils n’ont pas à chercher leur nourriture, les organes correspondants se sont atrophiés…. Le parasitisme est aux antipodes de la vie sociale. Celle-ci est caractérisée par un avantage et un perfectionnement ; le parasitisme a pour effet au contraire une diminution corrélative de puissance vitale chez l'animal qui le subit et de complexité organique chez l’animal qui l’exerce. » Les sociétés animales. ESPINAS. 2e édition, 1879, p. 174.
2. VACCARO, La lutle pour l'existence et ses effets dans l’humanité, p. 21, traduit de l'Italien par J. GAURE. Paris, 1892, Chevalier Marescq, p. 21. Darwinisme naturel. « M. Gaudry, après avoir prouvé il y à quelque temps devant l’Académie des sciences que les diverses espèces ont progressé irrégulièrement, conclut : « les inégalités ne confirment pas l’idée d’une lutte pour la vie dans laquelle la victoire serait restée aux plus forts, aux mieux doués. La paléontologie montre que le contraire a pu avoir lieu. Ce sont quelquefois les êtres les plus parfaits dans leur genre qui se sont éteints le plus vite. » —« Cette observation timidement présentée . en ce qui concerne les espèces, ajoute M. Tarde, s’applique manifestement et sans nulle réserve aux nations. » Revue philosophique de France et de l’Élranger (10e année, t. XVI, p. 631, cité d’après Vaccaro).
À propos de ces espèces disparues subitement, on peut citer des exemples intéressants : notamment à côté des trilobites, sortes de crustacés, des couches primordiales, ammonites des mollusques, du typele plus élevé, disparus sans laisser pour ainsi dire aucune des- | cendance, on remarque dans le Trias et le Jurassique des reptiles (et c'est pourquoi on a quelquefois appelé cette période l'âge des reptiles) qui ont atteint les dimensions les plus considérables en même temps qu'ils revêtaient les formes les plus variées. Certains parmi eux atteignaient une taille de 20 et 30 mètres, possédaient de plus des mâchoires gigantesques, des cuirasses lisses ou épineuses, autant de défenses qui, semble-t-il, auraient dù leur constituer de sérieux avantages dans la lutte. Après ces reptiles fossiles on a découvert des mammifères fossiles qui dépassent en dimensions et même en perfection nos plus grandes espèces actuelles, Certains genres, comme le Macrotherium le Megatherium dont la taille variait de 8 à 12 mètres ; d’autres, comme les Dinoceras, plus volumineux que nos éléphants actuels, étaient très puissamment armés : « deux canines supérieures développées en crocs énormes, six cornes semblables à celles des rhinocéros disposées depuis le museau jusqu’à l'arrière du crâne en deux rangées divergentes!.» D’autres enfin, comme Machai-
rodus, également entièrement disparues « les plus
1. Cf. VACHER DE LAPOUGE, Les sélections sociales, ch. xv. Le problème de l'extinction des espèces, p. 451 et suiv.
Abe
parfaits des félins, mieux armés que les tigres et les lions dont ils égalaient la taille, aussi bien doués au point de vue cérébral. »
Toutes ces espèces, victimes peut-être même de leur perfection, se sont rapidement éteintes sans jouir des avantages que leur conformation semblait leur donner dans la lutte. |
Malgré cette limitation nécessaire que comporte la loi du progrès, comme conséquence de la doctrine darwinienne, iln’en reste pas moins certain que l’évolution envisagée dans son ensemble aboutit cependant à un progrès : chaque époque constituant un perfectionnement sur l’âge qui la précédée : notre faune, par exemple. étant supérieure à la faune jurassique et cette
dernière à la faune primordiale.
C. — En 3° lieu les individus de chaque espèce luttent entre eux. — ci, la lutte est très vive : selon Darwin « la lutte pour l'existence entre deux organismes est d'autant plus ardente que ces organismes sont plus voisins, plus analogues entre eux'. » Une importante conséquence qui en résulterait serait la Loi de différenciation ou de division du travail que Darwin a encore appelée divergence des caractères. Cette loi, comme nous l'avons remarqué, avec la loi du progrès
qui la complète, constituerait une des deux lois orga-