CONCLUSION
Le Darwinisme social résulte d’une extension des hypothèses biologiques, particulièrement des doctrines transformistes, au domaine sociologique. Cette extension peut se justifier : d’une part, mais dans une certaine mesure seulement, par les analogies que l’on découvre entre les sociétés et les organismes :
d'autre part, par le caractère de généralité, d’univer-
salité des deux grands facteurs qui constituent le Dar- Winisme lui-même : hérédité et adaptation.
La loi de la lutte pour l'existence ou loi de Darwin constitue l'essence même de la doctrine: ses effets sont universels : végétaux, animaux, hommes, tous les êtres y sont soumis.
Elle entraine la victoire des uns et la défaite des autres, la « sélection » des plus aptes.
Règle générale, dans les espèces végétales et animales cette sélection des plus aptes n’est autre que la survie des « meilleurs » : la lutte est alors la source du progrès des espèces ; mais, dans l'humanité, cette sélection, viciée par l’homme lui-même, aboutit beau- : coup plus souvent à la survie des faibles et des médiocres. La lutte pour l'existence est alors à la fois une cause de progrès et de dégénérescence.
L'application stricte de la théorie darwinienne à l'humanité donne naissance à une doctrine sociologique spéciale : le sélectionnisme. Cette doctrine essentiellement individualiste et aristocratique se présente sous deux formes opposées suivant qu’elle considère que la lutte pour l'existence conduit dans l'humanité à la survie des meilleurs (sélectionnisme de Spencer) ou, également, à la survie des médiocres et des pires (sélectionnisme moderne).
En économie politique, le succès toujours grandissant au point de vue scientifique de la doctrine darwi-
nienne entraîne une préoccupation des deux partis en
présence : individualisme et socialisme, chacun cherchant à y puiser, au nom de la science, un argument devant lequel il faut s’incliner.
L'individualisme y trouve la justification d’un phénomène qui lui est cher : la concurrence.
Il prétend, de plus, trouver entre le socialisme et le darwinisme, une contradiction flagrante qui rendrait impossible toute conciliation, tout accord entre les deux doctrines. Cette contradiction existe-t-elle réellement aussi flagrante ?.
Nous ne le croyons pas.
Mais si les arguments invoqués par le socialisme pour arriver à concilier les deux thèses sont satisfaisants ; s’il est vrai que la lutte pour l'existence se transforme, s’atténue; si la loi de solidarité permet, en une certaine mesure, à la raison de réagir contre une loi souvent meurtrière et injuste, il importe d'insister sur ce que l'accord des deux doctrines ne s'obtient que par un dernier argument, concession certaine de la thèse socialiste à la thèse individualiste : la reconnaissance à la concurrence d’une part nécessaire mais restreinte.
Ce dernier point est très intéressant : il confirme une tendance générale du socialisme actuel, tendance qui, de plus en plus, se dégage nettement, d’après laquelle toute doctrine socialiste, si elle veut arriver à
une réalisation pratique, se verra dans la nécessité de
faire à l’individualisme, à la concurrence, une part de plus en plus grande pour laisser à chacun le moyen
de développer entièrement sa personnalité.
Vu :
Par le professeur chargé de l’examen de la thèse,
J. GRANDMOULIN.
Vu :
Le Doyen, G. de CAQUERAY.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur, J. JARRY.
. è d} [r- à ] Se (e
AA D Û À i ee AE 4 Wie ee - rai ( 4 EN ADS 2 Ù + : $ ‘ « f, 3 t 4 F l n are & i ACC EETEl NT FT tué ae S'ROCE) | D TAC AUME ' : Ü ‘ .
4 H di Fou ñ 4 \ £ ki ' v Fe K L ER" Wen 4 , ‘ jn8 4