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k. « Pour Darwin il n’est pas nécessaire d'attester sa large influence sous laquelle toutes les branches de la science dans tous les pays se sont infléchies. » C. BOUGLE, Les Sciences sociales en Allemagne, p. 9. Paris, 1896, F. Alcan.
SRI ve
dans ces dernières années, après 1880, on devait songer à étendre à la sociologie cette hypothèse biologique. C'est alors que, sous le nom de Darwinisme social, elle a soulevé de nombreuses controverses entre les différentes écoles sociologiques contemporaines. — Quant aux deux grands partis politiques que nous envisagerons dès 1877 après le Congrès de Munich où sengagea une discussion entre M. Virchow et M. Hæckel, ils songèrent à-se préoccuper des conséquences que pouvait entrainer le Darwinisme, relativement à leurs doctrines.
Nous étudierons cette loi de la concurrence vitale sous deux aspects, en la considérant d’abord dans ses
causes, puis dans ses effets.
$S 1%. — La lutte pour l'existence. — Ses causes.
On sait que Darwin emprunta le point de départ de se théorie à Malthus : c'est, en effet, après une étude du livre de Malthus, Essai sur le principe de la population (1799), que Darwin a découvert le principe du « Struggle for life ».
Voici ce que Darwin écrivait lui même à Hœckel, à ce propos, le 8 octobre 1864 :
« Comme j'avais maintes fois étudié le genre de vie et les mœurs des animaux, j'étais tout préparé à me
faire une juste idée de la lutte pour l'existence, et mes
Loge
travaux géologiques m'avaient donné une idée de l'énorme longueur des espaces de temps écoulés. Ayant lu alors par un heureux hasard, le livre de Malthus sur le Principe de la population, V'idée de la sélection naturelle se présenta à mon esprit', »
C'est ainsi que, cette fois, nouvelle preuve de l’union intime de ces deux sciences « sœurs », c'était l’économie politique qui apportait sa contribution à la biologie.
La théorie de la sélection naturelle de Darwin est basée sur une comparaison avec la sélection artificielle À Cette dernière suppose ‘une intervention voulue de l’homme pour obtenir par le choix, le tri des reproducteurs, certaines variétés de races. Ces variétés, à l’origine accidentelles, deviennent par cette « sélection », opérée toujours dans le même sens, suivant la variété que l’on veut obtenir, héréditaires, et finissent par constituer ainsi une race nouvelle. C'est une application de ces principes que font les éleveurs lorsqu'ils veulent produire une race particulière ou les jardiniers pour obtenir un nouveau type de fleur.
Pour permettre cette transformation, deux propriétés fondamentales sont essentielles à un organisme : la « variabilité » ou « faculté d'adaptation », « l'hérédité » ou « faculté de transmission ».
L'hérédité dépend surtout des fonctions de repro-
1. Lettre de Darwin à Hœckel, 8 octobre 1864, citée par HŒCKEL, op. cit., p. 98, sixième lecon.
duction, de là une « identité matérielle, mais partielle, de l'organisme générateur, de l'organisme procréé, de l'enfant et des parents ».
L'adaptation consiste, au contraire, en ce que deux organismes, malgré toute leur ressemblance, présentent toujours des différences; elle est « le résultat des influences matérielles subies par la matière constituante de l'organisme sous l'influence du milieu maté riel ambiant, c’est-à-dire des conditions de la vie! ».
Comme la sélection artificielle, la sélection naturelle suppose ces deux premières conditions essentielles : variabilité des organismes et hérédité des caractères. C'est alors que Darwin s'est demandé si cette solution, ce tri, qui s'opérait dans la sélection artificielle, suivant la volonté de l’homme, ne s’exerçait pas à l’état de nature suivant certaines conditions naturelles ou une loi déterminée. Cette condition qui détermine la sélection naturelle n’est autre, pour Darwin et ses partisans, que la lutte pour l'existence ou concurrence vitale.
Elle remplace ainsi naturellement ce que l'homme obtient artificiellement par sa volonté.
Darwin avait en effet observé, après la lecture du
1. HŒCKEL, p. 115 et sq., op. cit. M. Hœckel caractérise encore ainsi ces deux grandes propriétés : « Le phénomène de l’aüaptation ou de la variation dépend de l'influence matérielle que subit l'organisme de la part du milieu ambiant, des conditions de son existence, tandis que l’hérédité consiste dans l'identité partielle de l'organisme générateur et de l'organisme engendré. »