‹ DaubignyChapitre 15 sur 50 · XVI. — ECLUSE DANS LA · texte numérisé non relu

XVI. — ECLUSE DANS LA

VALLÉE D'OPTEVOZ

Malgré l'intention dont il témoignait dans les lettres écrites durant son dernier voyage, Daubigny n'avait pas tardé à revenir à Optevoz. Un séjour rapide dans le Morvan l'avait déçu. » Décidément j'ai du malheur, écrivait-il en septembre 1854. Encore une fois tout ce que je voulais faire est rasé: arbres coupés, plus d'eau dans la rivière, maisons abattues 1 Aussi en désespoir de cause, je me sauve et vais voir si le père éternel n'a pas dérangé les montagnes du Dauphiné. » Quelques jours plus tard, il se félicitait de sa résolution. <( Je suis ravi de mon idée, jamais le pays d'Optevoz n'a été si beau et je suis sûr que je vais y faire du bon.» (Lettres inédites , communiquées par M. Geoffroy-Dechaumej.

C'est d'Optevoz qu'il rapporta la principale des toiles qu'il exposa en 1855, l'Écluse dans la Vallée d'Optevoz. Il atteignait cette fois une note plus profonde. Il semblait avoir enfin pénétré, sous l'apparente monotonie des lignée dont il se plaignait en 1852, le caractère intime du paysage :

la tristesse éparse, la mélancolie contenue qui se dégageait de ces larges contours, de cette lumière douce glissant sur les eaux marécageuses. Son œuvre y gagnait une vie plus intense, un sentiment plus délicat que les essais des années précédentes. On ne pouvait qu'être frappé de l'austérité de ce sol dénudé, de ces maigres bouquets d'arbres et du scintillement

Des grands nénuphars sur les calmes eaux.

Acheté par l'État, le tableau resta au Luxembourg, avant d'être envoyé au musée de Rouen, où il se trouve actuellement. La collection Tomy Thierry au Louvre en contient une belle réplique.

Les expositions rétrospectives organisées en 1855, avaient détourné l'attention du public des CBUvres nouvelles. Ce n'est qu'en 1857 que cette maîtrise acquise p^r Daubigny s'imposa sans conteste. « C'est au Salon de 1857 — écrira Castagnary quelques années plus tard, — que Daubigny s'est révélé maître, tout d'un coup, avec un éclat presque inattendu. Ce Salon n'a été pour lui qu'une longue ovation dont le souvenir dure encore. »

Daubigny présentait à ce Salon trois œuvres essentielles où la critique, d'un jugement unanime, reconnut trois chefs-d'œuvre : la Grande Vallée d'Optevoz, le Printemps, le Soleil couché.

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