JEUNESSE DU STATUAIRE
Pierre-Jean David, dit David d’Angers, est le fils de Pierre-Louis David, sculpteur sur bois, et de Marie-Françoise Lemasson. Il est né le 12 mars 1788, dans une petite maison de la rue de l’Hôpital, à Angers. Cette rue porte aujourd’hui son nom.
Son père, lors de la guerre con(re les Vendéens en février 1793, s’enrôla dans l’armée républicaine. C’était un homme d’une grande énergie et d’un grand courage. Un jour de bataille, on lui donna la garde de l’église de Gonnord, remplie de prisonniers vendéens; ceux-ci. s'apercevant que la porte n’était gardée que par un seul homme, tentèrent une sortie; mais il fonça sur eux avec une telle force que la baïonnette de son fusil se brisa dans la porte qu’ils
DAVID D’ANGERS
avaient refermée. Le croyant désarmé, ils allaient tenter une nouvelle sortie, mais quand ils le virent armé de ses deux pistolets, le visage enflammé de colère et avec la résolution d’un homme prêt à tout, ils reculèrent et n’osèrent plus bouger.
Blessé à la bataille de Torfou le 19 septembre de la même année, il fut fait prisonnier et enfermé dans l’église de Saint-Florent avec quatre mille autres républicains.
Pierre David avait suivi son père sur les champs de bataille. Confié par lui à un ami, il fut abandonné à Yarrains, sur la route, après la bataille de Saumur. Des femmes vendéennes le recueillirent et, son père le retrouva, par hasard, à Saint-Florent parmi les bagages. Il avait parcouru la Vendée sur un caisson à la suite du général La Rochejaquelein.
L’enfant retrouvait son père au moment où le général Bonchamps, frappé mortellement, faisait grâce aux prisonniers républicains.
La bravoure du sculpteur sur bois avait attiré l’attention de Kléber et le général lui demanda de le suivre à l’armée du Bhin; mais souffrant beaucoup de sa blessure, il préféra rejoindre sa
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