PIERRE-LOUIS DAVID
Père du sculpteur 1756-1821
taires, administration dans laquelle il resta jusqu’en 1796.
Il croyait que sa modeste paye subviendrait
DAVID D’ANGERS
aux besoins de sa nombreuse famille, mais, hélas ! la République était pauvre et il fallait la servir par amour pour elle. Il ne touchait donc jamais ses appointements, et pendant ce temps sa jeune femme, d’ une complexion excessivement délicate , passait ses nuits dans une des plus petites maisons de la rue Saint-Aubin, éclairée par la faible lueur d’une résine, entourée de ses enfants affamés et confectionnant des guêtres pour les soldats, afin de pouvoir gagner quelques assignats. Puis, dès que le jour avait paru, elle courait prendre son rang à la porte d’un boulanger et attendait pendant plusieurs heures la distribution tant désirée.
Que de douloureuses nuits dut passer cette pauvre mère dont la jeunesse heureuse avait été exempte de ces affreuses privations! Que de pleurs versés sur le sort incertain de son mari, sur la misère de ses enfants ! Mais aussi, que d’abnégation, de puissance et d’élévation d’âme dans cette femme dont la constitution physique était si peu en rapport avec ces grands et terribles événements ! il fallait qu’elle fût soutenue par un patriotisme et une vertu en harmonie avec celle de son mari.