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David-Frédéric Strauss, la vie et l'œuvre

On a dit de Strauss qu'il n'a été qu'un vulgarisateur remarquable ; on lui a reproché d’avoir puisé « la substance même de ses pensées » successivement dans le mysticisme souabe, dans la philosophie hégélienne, dans l'exégèse de l’école de Tübingue, dans l’histoire naturelle des darwinistes. Même si l’on admettait cette critique, il faudrait reconnaître que le polémiste qui s’est inspiré de Schelling et de Kerner, de Schleiermacher et de Hegel, de Feuerbach et de Baur, de Vogt et de Haeckel, et qui souvent a mieux expliqué les maîtres qu'ils ne se comprenaiént eux-mêmes, demeure un des écrivains caractéristi-

ques de cette Allemagne du dix-neuvième siècle qui a passé

du romantisme au matérialisme, de la théologie à la science, de Goethe et de Humboldt à Bismarck et à Moltke, et de Kant à Nietzsche. Le style même de sa propagande suffirait à conférer à Strauss l'originalité.

Mais Strauss n’a pas été seulement un homme « représentatif » de son pays et de son époque ; il a par deux fois inséré un mot personnel et décisif dans le discours de sa génération : il s'est fait entendre par deux fois, en proclamant des vérités qui ont fait scandale. En 1835, les théologiens étaient partagés en deux camps : les uns soute-

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