‹ David Hume: moraliste et sociologueChapitre 3 sur 140 · NOTICE SLR LA VIE DE HUME O · texte numérisé non relu

NOTICE SLR LA VIE DE HUME O

de camp du général Saint-Clair, Hume entre, peu après, dans une période active.

A son retour en Angleterre il publie successivement, et avec un égal insuccès, les « Essais moraux et politiques », la deuxième partie des « Essais » et les (( Recherches sur les principes de la morale ». Puis il entreprend de publier une « Histoire d'Angleterre », qui soulève bientôt toutes les opinions contre lui.

Après ce dernier insuccès, qui lui fut plus sensible, il décida de changer de nom et de quitter son pays, La guerre de France l'en empocha. En deux ans il donna, au public, une <( Histoire naturelle des Religions », et le deuxième volume de r« Histoire d'Angleterre ». Le troisième volume, qu'il lit paraître en 1709, souleva de toutes parts les mêmes protestations qu'avait déjà fait naître le premier. Deux autres volumes, parus à peu d'intervalle, furent mieux accueilKs.

Après ces alternatives d'insuccès et de demi-succès, d'indifférence publique et de haines de partis, Hume, alors à l'abri du besoin projette de se retirer définitivement en Ecosse. Cependant, sur de séduisantes propositions, il se décide à suivre le comte d'Hertford à Paris, en qualité de secrétaire d'ambassade. 11 trouve généralement en France un accueil enthousiaste, n y passe deux années pendant lesquelles il fait la connaissance de Rousseau.

Rentré en Angleterre, il est nommé sous-secrétaire d'Etat, Deux ans après, en 1769, fatigué de la vie publique, il se retire définitivement à Edimburgli, qui est alors le foyer intellectuel de la Grande Bretagne. Riche et jouissant enfin de la faveur publique, il passe les dernières années de sa vie retiré du monde et philosophant avec ses amis dans le calme de la retraite.

Analysant son propre caractère dans Va Histoire de sa vie par lui-même », Hume déclare qu'il était (( de tempérament doux, possédant un grand empire sur lui-même, d'humeur ouverte, sociable et cordiale, capable d'amitié mais non de haine ». Sa compagnie était également recherchée des jeunes gens et des vieillards : « Il trouva toujours un grand plaisir en la société des femmes modestes et reçut toujours d'elles le meilleur accueil. »

(( Le véritable caractère de Hume, écrit Burton, tel qu'il est dépeint par ceux qui le connurent et vécurent dans le même cercle social, est entièrement difierent de l'idée que s'en pourrait faire le lecteur de ses œuvres. Il paraîtrait que l'écrivain dût être ami de la solitude, replié sur lui-même et impassible jusqu'à la dureté; l'homme est bon, facile, simple, social, délicat et impressionnable à l'excès. Ces deux manières d'être ne sont pas cependant sans harmonie dans le principe. En toutes les matières sérieuses, en philosophie, en tous les aperçus d'ambition litté-

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