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LA MORALE PHATIQLE l35
les tyrans, nous le savons, produisent les rebelles; et toute riiistoire prouve que les rebelles, lorsqu'ils arrivent au pouvoir, deviennent tyrans à leur tour. Pour cette raison, je souhaiterais qu'il n'y eût d'aucun côté prétention à l'autorité, mais que chaque chose fût traitée avec parfaite égalité comme entre deux membres égaux d'un même corps *. »
Hume apparaît donc généralement comme le contraire d'un révolté ; il est à penser que ce qu'on est convenu d'appeler les droits de la femme et généralement toutes les revendications sociales, qui ont leur expression dans les diverses littératures de notre époque, n'auraient pas eu d'adversaire plus décidé que le philosophe écossais. Déjà, de son temps, il n'a cessé de combattre deux classes d'individus qu'il déclare également néfastes : ceux que nous appellerions aujourd'hui des dilettantes et aussi les révolutionnaires ou novateurs stériles.
(( Il est une catégorie d'hommes qui a fait récemment son apparition parmi nous et qui s'efforce de se distinguer en ridiculisant toutes choses qui avaient jusqu'alors paru vénérables et sacrées aux yeux de rhumanité. La raison, la tempérance, l'honneur, l'amitié, tels sont les sujets perpétuels de leurs insipides railleries ; l'esprit public même et le respect du pays sont traités de chimériques et de romanti-