‹ David Hume: moraliste et sociologueChapitre 51 sur 140 · I. Vol. III, p. i · texte numérisé non relu

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conserveront leur autorité sur le peuple mais sans tyrannie et sans atteinte aucune à la propriété individuelle ; car un gouvernement tyrannique, qui peut servir les intérêts de quelques individus ne peut jamais être bon pour ceux d'un corps entier.

Il serait ainsi possible de constituer un gouvernement libre sous la présidence d'un premier magistrat dont Tautorité servirait en quelque sorte de contrepoids à celle des autres fractions de la puissance gouvernementale : et il y aurait même avantage à ce que cette magistrature fût héréditaire ; car la compétition qu'cntraîneraitrélectivitéd' une telle fonction serait de funestes conséquences pour Tordre public et l'intérêt général par le fait qu'elle serait cause inévitable d'innombrables guerres civiles et se résumerait enfin par l'élection non du plus méritant mais du plus riche.

«Ainsi il peut être reconnu comme un universel axiome en politique qa an prince hérédilaire , une noblesse sans vassaax et an peuple volant par sp représentants constituent les meilleures monarchie, aristocratie et démocratie, »

Etudiantlesprcmiers principes du gouvernement, Hume remarque que « rien n'apparaît plus surprenant à ceux qui considèrent les affaires humaines d'un œil philosophique, que la facilité avec laquelle le plus grand nombre se laisse gouverner par une minorité, ni que la soumission implicite avec laquelle

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les hommes subordonnent leurs propres sentiments et passions à ceux de leurs gouvernants. Si nous cherchons par quel moyen cette chose extraordinaire est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les supporter que Topinion. C'est donc uniquement sur Topinion que tout gouvernement est fondé; et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires*. »

Il existe deux sortes d'opinions: le sentiment de V intérêt général et le sentiment de \a justice. La première est celle qui fait la force des gourvernements : le sentiment de justice s'exprime par le sentiment du droit au pouvoir et du droit à la propriété.

« Sur ces trois opinions, de tintériH (jénéral, du droit au pouvoir et du droit à la propriété sont fondés tous les gouvernements et toute autorité dune minorité sur le plus grand nombre. Il existe encore, à vrai dire, d'autres principes tels que V intérêt personnel, la crainte et Vajfection, qui viennent renforcer les premiers et déterminent, limitent ou altèrent leur fonctionnement. Pourtant nous pouvons aflîrmer que ces autres principes ne peuvent avoir, par eux-mêmes, aucune influence mais présupposent rinfluence des opinions sus-mentionnées. Ils doivent donc être

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