‹ David Hume: moraliste et sociologueChapitre 59 sur 140 · I. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. Ibid., p

création en Angleterre de banques et de maisons de crédit. Les émissions, par ces banques, de papiers qui ont une valeur fictive produiraient les mêmes effets qu'une mise en cours proportionnnelle d'argent réel, c'est-à-dire qu'elles feraient hausser le prix du travail et des denrées et par ce moyen ou ferait sortir un équivalent de numéraire ou l'empêcherait de s'accroître davantage. Pourtant il est bon de remarquer que, si l'usage de ces banques était généralisé et soumis à certains règlements internationaux, les valeurs repésentées et ayant cours seraient à nouveau soumises à la même loi de nivellement qui régit actuellement la quantité réelle de numéraire chez tous les peuples.

(( En résumé, un gouvernementa raison de veiller avec le plus grand soin à la prospérité de son peuple et de ses manufactures : quant à l'argent, il peut s'en rapporter en toute sécurité au cours des affaires humaines ; ou, s'il porte son attention sur cette dernière contingence, ce ne doit être qu'autant qu'elle peut intéresser la première. »

Sur l'équilibre des Puissances — Hume reconnaît, par les exemples de l'antiquité et des temps modernes, que de tout temps la nécessité de cet équilibre s'est imposée aux nations, s'opposant à ce que l'une d'entre elles, par accroissement progressif au détriment des autres, devînt bientôt seule maîtresse du monde, ce Soit qu'on attribue les changements

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de parti dans les républiques grecques à une émulation jalouse ou à une politique attentive, les résultats étaient les mêmes et toute puissance prédominante était sûre de voir s'élever contre elles une confédération , souvent composée de ses anciens amis et alliés. » Les Romains pourtant qui n'eurent pas à lutter contre ces confédérations générales s'emparèrent, par de rapides conquêtes, du monde entier. « Après la chute de l'Empire romain la forme de gouvernement établie par ces conquérants venus du Nord, les rendit en grande partie incapables de pousser plus loin leurs conquêtes et maintint longtemps chaque État dans ses propres limites. Mais lorsque le servage et la milice féodale eurent été abolies, le genre humain fut de nouveau exposé au danger d'une monarchie universelle par l'union de tant de royaumes et de principautés dans la personne de l'Empereur Charles. » Pourtant, cette puissance étant tombée par les causes internes de destruction qu'elle contenait, un nouveau danger de Monarchie universelle semblerait venir du coté de la France, si l'Angleterre n'y prenait garde. (( D'énormes monarchies, telles que celle où l'Europe est peut-être li présent en danger de tomber, sont manifestement destructives au point de vue de la nature humaine, dans leur durée, dans leur progrès ot même dans leur chute, qui suit d'ailleurs généralement de près leur établissement. Le génie militaire qui a agrandi la Monarchie abandonne bientôt la

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cour, la capitale et le centre d'un pareil gouvernement, tandis que les guerres se font à de si grandes distances et intéressent une si petite partie de TEtat. Les anciens nobles qui sont attachés à leur souverain vivent à la Cour et n'accepteront pas des emplois militaires qui les forceraient d'habiter des frontières reculées et barbares et qui les éloigneraient de leurs plaisirs et de leur fortune. Il faut donc que les armes de l'Etat soient confiées à des mercenaires étrangers, sans zèle, sans attachement, sans honneur, prêts à chaque occasion à tourner contre le souverain et à se joindre au premier mécontent qui leur offrira une paye supérieure. Voilà le progrès nécessaire des choses humaines ; ainsi la nature humaine s'arrête d'elle-même dans ses propres élévations, ainsi l'ambition travaille aveuglément pour la destruction du conquérant, de sa famille et de tout ce qui l'approche et lui est cher*. »

Etudiant les taxes, Hume reconnaît que les impôts utiles sont plutôt profitables au pays et qu'elles enricliissent les citoyens plus qu'elles ne les appauvrissent, car elles forcent les particuliers à travailler davantage en telle sorte qu'elles les sauvent de la débauche et leur procurent, par conséquent, une aisance plus grande. Pourtant les taxes, quand elles sont trop fortes, produisent lafaillite de l'industrieet engendrent

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