I. Cic, Tusc, i Qnosi., lib
développement des aris et de l'industrie chez un Français ou chez un Anglais. Nous ne devons donc pas nous attendre à trouver les mêmes sentiments ou les mêmes lois à Berne, qui sont en vigueur à Londres ou a Paris.
Différentes coutumes ont aussi des influences diverses, dans la mesure oii elles ont des utilités différentes ; et parce qu'elles donnent de bonne heure, une certaine inclinaison à Tesprit, ces coutumes peuvent produire une plus grande tendance soit aux qualités utiles soit aux qualités agréables, à celles qui concernent Tindividu ou à celles qui concernent la société. Ces quatre sources de sentiments moraux subsistent toujours alors même que certains accidents font, à certains moments, couler Tune avec plus d'abondance que l'autre.
Les coutumes de quelques nations veulent que les femmes demQurcnt en dehors de tout commerce social, chez d'autres, au contraire, elles sont une partie si essentielle de la société que, excepté dans les endroits où les affaires se traitent, on considère que le sexe mâle isolé et livré à lui-même est absolument incapable de tout entrelien et de toute conversation. Comme cette différence est la plus flagrante qui puisse être rencontrée dans la vie privée, elle doit produire aussi les plus grandes variations dans nos sentiments moraux.
l)e toutes les nations du monde chez lesquelles
la polygamie était proscrite, les Grecs semblent avoir été les plus réservés dans leur commerce avec le sexe gracieux et l'avoir soumis aux lois les plus strictes , de modestie et de décence. Nous trouvons un concluant exemple de ce fait dans un discours de Lysias*. Une veuve ayant été injuriée, ruinée, perdue de réputation, convoqua en conseil, ses plus proches amis et relations; et, bien que n'ayant jamais été accoutumée, dit Torateur à prendre la parole en présence des hommes, la détresse où elle se trouvait la, força de leur exposer son cas. Le seul fait qu'elle eût ouvert la bouche dans une telle compagnie réclamait, semble-t-il, une apologie.
Lorsque Démosthènes poursuivit ses tuteurs pour les contraindre à reconstituer son patrimoine il devint nécessaire pour lui, au cours de la procédure, de prouver que le mariage de la sœur d'Aphobos avec Onether était entièrement illégal et que, en dépit de son prétendu mariage, elle avait vécu pendant plus de deux années avec son frère, à Athènes et qu'elle avait continué à mener la même vie depuis son divorce de son premier mari. Et il est remarquable que, bien que ceux-ci fussent gens de grande fortune et de haut rang dans la cité, l'orateur ne put prouver ce fait autrement qu'en demandant que les femmes esclaves fussent mises à la question et qu'en recherchant